À Conakry, les passerelles piétonnes construites pour garantir la sécurité des usagers deviennent, avec le temps, des zones de désordre et d’insalubrité. Celle du marché M’Mayalon, située dans le quartier Yimbaya-Tanènè, commune de Gbessia, n’échappe pas à cette triste réalité.
Contrairement à celle de Koloma où le commerce s’est installé sur la passerelle, ici la vente y est strictement interdite. Pourtant, sous la structure et à ses abords immédiats, le désordre s’impose. Des femmes y installent leurs étals à même le sol. Charbon, balais tressés, légumes, les entrées principales sont obstruées par des parasols de fortune, des cageots de tomates et des étals improvisés. La voie piétonne est presque impraticable.

Les ordures s’accumulent, dégageant une forte odeur. Le sol est boueux, glissant. Interrogée, une vendeuse de charbon, assise à l’entrée droite, nous répond sèchement : « C’est votre salon ici ? Et les 5 000 GNF que je paie chaque jour ? Foutez-nous la paix »
Une autre, vendeuse de balais, renchérit : « Tu vois quelqu’un se plaindre ? Vas travailler au lieu de surveiller les femmes. »

Pourtant, ces passerelles ont été conçues pour sécuriser les traversées et fluidifier la circulation urbaine, non pour devenir des marchés à ciel ouvert. L’absence de suivi, d’entretien et de contrôle transforme ces infrastructures en symboles d’abandon. Si la précarité explique en partie cette débrouillardise, elle ne doit pas justifier le non-respect de l’espace public. Un minimum de civisme reste indispensable.
Amadou Diallo














