À Lambanyi centre commercial, le phénomène prend de l’ampleur et ce, à une vitesse inquiétante. En l’espace d’une semaine seulement, les abords de la route, du centre commercial jusqu’en face d’une banque bien connue de la zone, sont peu à peu envahis par des installations de fortune. Des hangars en bois couverts de tôles, poussent comme des champignons, à la vue et au su de tout le monde.
Ce mercredi matin, aux environs de 9h, notre équipe s’est rendue sur place. À peine arrivés, nous assistons à l’installation de nouvelles vendeuses, occupées à étaler leurs marchandises sur des étals de fortune. Robes, sacs, chaussures, tout est accroché sans aucune gêne, directement sur le trottoir.
À la question de savoir qui a autorisé cette occupation, une vendeuse, balai à la main et ramassant des ordures devant son hangar, répond sans détour: « Personne. On est ici pour vendre, pas pour dormir. »
Une autre, visiblement moins disposée à parler, se contente de sourire tout en continuant à disposer ses habits sur une table branlante en bois.
Plus loin, une citoyenne observe la scène, visiblement indignée. Pour elle, cette situation est le reflet d’un traitement inégal dans l’application des décisions d’assainissement: « Le mal de ce pays, c’est le deux poids, deux mesures. Regardez les bars à côté, ils sont là depuis des années. Personne n’est jamais venu leur demander des comptes. Mais dès que nous, petits commerçants, nous nous installons, c’est un problème », lance-t-elle avec amertume.
Elle poursuit, plus déterminée: « Tant que les vendeurs d’alcool ne bougeront pas, nous non plus. Sinon, on restera ici jusqu’à la fin de notre vie. »
Ce laisser-aller soulève de nombreuses interrogations. Où sont passées les autorités locales ? Qu’en est-il des opérations d’assainissement pourtant annoncées en grande pompe ? À Lambanyi, l’anarchie semble avoir pris le dessus sur l’ordre, et cela, dans une indifférence presque généralisée.
Chaque jour qui passe, la chaussée recule un peu plus sous la pression des installations anarchiques. Les trottoirs disparaissent, les piétons sont mis en danger, et la circulation devient de plus en plus difficile. Si rien n’est fait, Lambanyi risque de devenir un marché à ciel ouvert, au détriment de la sécurité et de la salubrité publique.
Amadou Diallo














