Pour plusieurs quartiers de Conakry, l’eau potable distribuée à travers les canalisations de la société des eaux de Guinée (SEG), est une denrée rare. En banlieue de la capitale guinéenne, pour les plus chanceux, l’eau potable y est au rendez-vous deux à trois fois dans la semaine. Certains ne se souviennent plus de la dernière fois qu’ils ont reçu cette denrée vitale. Pour survivre, les forages font légion.
Même face au danger que représentent ces forages, peut-on en vouloir vraiment aux populations ? L’eau est vitale, mais se fait rare. Dans ce dossier que nous lançons sur l’accès à l’eau potable à Conakry, nous vous transportons dans l’un des quartiers qui portent les stigmates de ce qui s’apparente à un oubli. Les tuyaux de canalisations qui apparaissent et disparaissent le long des chemins, en disent long sur l’état des installations.

À Petit Simbaya, quartier en plein cœur de Conakry, l’eau potable est devenue un luxe, une denrée presque mythique. Depuis plus de 15 ans, aucun robinet alimenté par la Société des Eaux de Guinée (SEG) n’a coulé ici. Les canalisations, rompues depuis 2011, n’ont jamais été réparées. Les tuyaux, eux, ont disparu.
Souleymane Baldé, installé depuis 2010, raconte avec amertume: « J’ai payé 100.000 FG pour un abonnement. Depuis, pas une seule goutte. La SEG nous a oubliés. » Le regard vide, il ajoute : « Je ne sais même plus où passaient les tuyaux. »

Même désillusion chez Aminta Barry, mère de trois enfants: « Ce robinet là, vous le voyez ? Il n’a jamais coulé. Quand il y a électricité, certains chanceux tirent quelques bidons, chez les voisins Sinon, rien. »
Ici, les habitants se débrouillent comme ils peuvent. Certains ont créé de petits commerces d’eau, revendant deux bidons à 5.000 FG. Les femmes, elles, marchent chaque jour jusqu’au stade de Nongo pour remplir leurs seaux.

Salematou Soumah, résidant au quatrième étage, a pris une décision radicale: « Je pars en décembre. C’est trop. Transporter de l’eau sur quatre étages tous les jours, c’est inhumain. On parle de droits, de Constitution, mais sans eau, on vit comment ? »
À Petit Simbaya, l’eau manque. L’État, lui, reste silencieux. Et les robinets, rouillés et oubliés, sont les témoins d’une promesse jamais tenue.
Amadou Diallo














