Entre les carrefours de Sonfonia T7 et T8, les populations vivent un calvaire quotidien. Cette route, autrefois praticable, est aujourd’hui synonyme de souffrance, de stress et de danger. Les récentes pluies n’ont fait qu’aggraver une situation déjà critique. Nids-de-poule béants, flaques d’eau stagnantes et boue glissante forment un décor digne d’un parcours du combattant.
Dès les premières heures de la matinée, la circulation devient un casse-tête. Des files interminables de véhicules se forment. Certains tombent en panne, d’autres roulent au pas. Le chauffeur de taxi Ansoumane Sylla témoigne: « Même le vendredi, je porte un short noir et un vieux pantalon. Car à tout moment, ma voiture peut tomber en panne. Les suspensions ne tiennent plus deux semaines. Et quand il pleut, c’est pire, je peux rester bloqué dans la boue. »
Sur cette route qui colore les maisons en terre rouge, Souleymane Bah, conducteur de tricycle, est résigné: « Depuis le régime d’Alpha Condé, rien n’a changé. J’ai juré de ne jamais prendre une femme enceinte à bord. Ce serait criminel avec tous ces trous. C’est le plus grand péché des gouvernants. »
En plein milieu de cette route, d’imposantes machines de chantier sont visibles, figées, rouillées, presque oubliées. Mamoudou Souaré, un riverain, dénonce: « Ces engins sont là depuis huit mois. Aucune avancée. Le travail est lent, incompris. »
Embouteillages, altercations, fatigue et résignation. Le tronçon T7-T8 n’est plus une simple route, c’est une blessure ouverte.
Amadou Diallo














