La République de Guinée vient de franchir une étape décisive dans sa quête de reconnaissance sur les marchés financiers internationaux. L’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a en effet attribué au pays une notation souveraine inaugurale de « B+ » avec perspective « Stable », saluant la solidité des fondamentaux économiques, la rigueur budgétaire et les perspectives de croissance portées par le développement du mégaprojet Simandou.
Cette première évaluation constitue un tournant pour l’économie guinéenne. Elle place le pays parmi les trois économies les mieux notées d’Afrique de l’Ouest et au-dessus de la moyenne continentale. Selon les autorités, cette notation facilitera l’accès de la Guinée aux marchés financiers internationaux, un levier crucial pour financer ses projets structurants.
« L’attribution de la notation B+ signale un nouveau départ pour la Guinée. Elle démontre que nos réformes portent leurs fruits et que l’État guinéen est désormais un partenaire fiable et une destination émergente pour les investisseurs internationaux », a déclaré Djiba Diakité, Ministre Directeur de Cabinet du Président de la République et Président du Comité Stratégique de Simandou.
Dans son rapport, S&P souligne le rôle central du projet intégré Simandou qui regroupe mine de fer, infrastructures ferroviaires et portuaires dans les perspectives de croissance du pays. La Guinée, déjà premier producteur mondial de bauxite, s’apprête à devenir un acteur majeur dans le fer grâce à ce gisement à haute teneur, appelé à jouer un rôle dans la décarbonation de l’industrie mondiale.
Entre 2026 et 2028, la croissance du PIB guinéen pourrait avoisiner 10 % par an, selon les projections de l’agence, soit un rythme bien supérieur à la moyenne régionale.
Selon ce communiqué de presse du ministre, directeur de cabinet, la notation attribuée par S&P reflète également les efforts du gouvernement guinéen en matière de discipline budgétaire, de digitalisation de l’administration fiscale, ainsi que d’assainissement des finances publiques. Le déficit budgétaire est projeté sous les 3 % du PIB entre 2025 et 2028, tandis que la dette publique, maîtrisée et bien structurée, s’élève à 44 % du PIB fin 2024.
L’agence salue par ailleurs la stratégie de diversification économique portée par le Programme Simandou 2040, qui mise sur la transformation locale, l’amélioration du capital humain (notamment via l’initiative « Simandou Academy »), et le renforcement des institutions.
Autre élément mis en lumière, le récent rebasage du PIB, mené avec l’appui de plusieurs institutions internationales, dont le FMI, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Cette opération a permis de mieux refléter la réalité économique du pays, en intégrant des secteurs auparavant sous-évalués. Résultat, le PIB nominal de la Guinée pour 2024 a été réévalué de près de 50 %, atteignant 36,3 milliards USD. Le ratio d’endettement, lui, est revu à la baisse, à 30,5 % du PIB.
Ces nouvelles statistiques seront intégrées dans les prochaines analyses de S&P, renforçant encore la visibilité et la crédibilité financière du pays.
Pour les autorités guinéennes, cette notation représente une étape clé dans la mobilisation des financements internationaux. Les discussions en cours avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue d’un nouveau programme sont également perçues par S&P comme un facteur de stabilité et de confiance.
« Ce rebasage nous offre une base solide pour mieux planifier, mieux investir et accroître l’attractivité de la Guinée auprès des investisseurs. Ces éléments permettront à la République de Guinée de mobiliser les financements nécessaires à la réalisation de ses projets stratégiques », a ajouté M. Diakité.
La notation B+ de Standard & Poor’s ouvre une nouvelle ère pour la Guinée, celle d’un pays en pleine mutation économique, résolument tourné vers l’avenir.

Aboubacar Sidiki Camara














