La capitale guinéenne risque de sombrer dans une pollution sans fin. Chaque jour, des camions et tricycles de collecte des ordures circulent dans les rues, souvent sans filet ni protection, déversant des déchets en cours de route. Il n’est pas rare de voir des sacs plastiques, des papiers et autres objets légers s’envoler au gré du vent, ternissant l’image de la ville et créant un environnement insalubre.
À Kiroty-Nongo, Mamadou Djoumah Barry, un riverain proche de la décharge, déplore l’inefficacité du système: « Aucun des camions qui passent ici ne protège les ordures pendant le transport. Cela crée une pollution permanente », explique-t-il, visiblement frustré.
A Lambanyi, Aissatou Mansaré, gérante d’un restaurant, abonde dans ce sens: « les tricycles passent tous les jours et laissent des déchets sur la route, surtout lorsqu’ils roulent trop vite. On en parle souvent ici, mais rien ne change. »
Bamba Seny, à Cosa gérant d’un café, se fait également un devoir de suivre les engins de collecte: « Chaque fois que je prends ma moto pour leur demander de reprendre les déchets tombés, ils n’écoutent pas. C’est un problème récurrent, souvent ils ne sont pas français et nos langues nationales », raconte-t-il.
Selon Oumar Soumah, administrateur civil à Matoto::« l’incivisme et le manque de contrôle des entreprises chargées de la collecte des déchets sont à la base de cette situation ». Pour lui, le problème réside dans l’absence de suivi efficace des contrats attribués à ces PME.
Face à ce constat alarmant, il est urgent de repenser la gestion des ordures à Conakry pour éviter une crise environnementale et sanitaire majeure.
Amadou Diallo














