Les organisations de défense des droits humains appellent les partenaires internationaux à maintenir leur vigilance et à soutenir un processus judiciaire équitable en Guinée, tout en exigeant la fin des atteintes aux droits humains, notamment la réouverture des médias indépendants et la libération des voix critiques injustement détenues ou portées disparues.
Réunis à l’occasion du 16e anniversaire du massacre du 28 septembre 2009, la FIDH, l’AVIPA et l’OGDH ont dressé un constat alarmant sur la situation des droits fondamentaux en Guinée. Si les victimes de ce drame historique continuent d’espérer une justice équitable, le contexte politique et sécuritaire actuel disent-elles, met sérieusement en péril cet espoir.
Selon ces ONG, depuis 2022, le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), la junte militaire au pouvoir, a multiplié les violations : interdictions systématiques des manifestations, arrestations arbitraires, disparitions forcées et surtout, fermetures répétées des médias jugés critiques, réduisant drastiquement l’espace civique et la liberté d’expression.
« Le massacre du 28 septembre est un crime contre l’humanité. Si cette œuvre de justice venait à s’arrêter ici, un signal terrible serait adressé aux populations civiles, en Afrique et à travers le monde », a averti Mabassa Fall, représentant de la FIDH auprès de l’Union africaine, appelant à un engagement constant de la Cour pénale internationale au nom du principe de la complémentarité.
La disparition en juillet 2024 des activistes Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, reste un symbole fort de la répression exercée contre les voix dissidentes. Face à ces dérives, les organisations demandent non seulement justice pour les victimes du massacre de 2009, mais aussi une protection effective des libertés fondamentales, condition essentielle de tout processus démocratique crédible.
« Nous saluons le courage des victimes, qui continuent de se battre malgré les menaces et les manœuvres politiques », a souligné Asmaou Diallo, présidente de l’AVIPA. « Elles veulent encore croire en la justice guinéenne et en sa capacité d’aller au bout de cette quête de vérité. »
Aboubacar Sidiki Camara














