À l’occasion de la Journée de réflexion et d’action autour de la souveraineté économique, le président de la Confédération générale des entreprises de Guinée (CGE-GUI), Ansoumane Kaba, a livré un discours, appelant à une transformation en profondeur de l’économie nationale, fondée sur la valorisation des ressources locales et le partenariat stratégique entre l’État et le secteur privé.
« La souveraineté économique, c’est la capacité d’un pays à maîtriser ses ressources, ses chaînes de valeur, à faire des choix stratégiques pour une croissance durable », a rappelé M. Kaba. Il a insisté sur la nécessité de réduire la dépendance extérieure, de réformer le climat des affaires et de promouvoir la création d’emplois décents.
Dans un contexte régional où plus de 50 % des ressources naturelles sont exportées à l’état brut, Ansoumane Kaba a souligné l’urgence d’une transformation locale des produits agricoles et miniers pour créer de la valeur ajoutée et impulser un développement réel. « Notre continent ne représente que 3 % du commerce mondial. Il est temps d’inverser cette tendance », a-t-il dit.
Le président de la CGE-GUI a appelé à une mise en œuvre rigoureuse de la loi sur le contenu local, qui réserve 40 % des investissements publics-privés aux entreprises guinéennes, notamment en matière de sous-traitance et de transfert de compétences. Il a également plaidé pour la création d’un fonds national de financement de l’économie, mobilisant banques, assurances, bailleurs de fonds et diaspora, ainsi que pour le renforcement du capital humain, particulièrement dans les secteurs du numérique et de la technologie.
Parmi les leviers identifiés, figurent aussi :
• le développement de champions économiques locaux,
• la transformation structurelle de l’économie informelle,
• la promotion de la justice commerciale,
• et un dialogue renforcé entre acteurs publics et privés.
En évoquant le programme Simandou 2040, projet estimé à 200 milliards de dollars dont 40 % attendus du secteur privé, Ansoumane Kaba y voit une opportunité majeure pour faire émerger une « Guinée nouvelle », à condition que le secteur privé y soit pleinement impliqué.
Il a conclu son intervention en saluant le leadership du président de la République, le général Mamadi Doumbouya, tout en rappelant que les attentes restent fortes. « La souveraineté économique n’est pas un slogan. C’est une ambition réalisable dans les 10 à 15 prochaines années si nous agissons ensemble », a-t-il insisté.
La Confédération générale des entreprises de Guinée se dit prête à jouer pleinement son rôle dans ce qu’elle considère comme un « combat légitime » pour l’indépendance économique du pays.
Aboubacar Sidiki Camara














