Alors que la majorité des stations-service de la capitale sont à l’arrêt depuis mardi, seule la station Star d’Enco 5 continuait de distribuer du carburant ce mercredi matin. Dès 8h30, la file d’attente s’allongeait déjà, composée de motards et d’automobilistes espérant obtenir quelques litres de carburant.
Mais la situation sur place reste tendue. Une seule pompe est en service, ce qui ralentit considérablement la distribution. Les conducteurs, visiblement exaspérés, n’ont pas caché leur frustration. Mamadou Sow, chauffeur de taxi sur l’axe Sangoyah-Lambagny, dénonce une situation devenue intenable .
« Nous sommes là depuis des heures, mais on a toujours du mal à avoir du carburant. Toutes les autres stations sont fermées. Notre travail est paralysé. C’est quand je roule que je peux subvenir à mes besoins. Même au marché noir, il n’y en a pas. »
Même son de cloche chez Alseny Sylla, un autre chauffeur, qui interpelle les autorités : « À chaque fois, c’est la même chose. Des crises à répétition. Ce n’est pas bon pour le pays. Toutes les activités sont à l’arrêt. »
Face à l’attente et à la lenteur de la distribution, la tension monte. Entre cris, bousculades et impatience, chacun espère être servi avant l’épuisement du stock.
Cette pénurie de carburant impacte également les citoyens. Le long des routes, de nombreuses personnes peinent à trouver un moyen de transport pour se rendre à leur travail. Mamadama Yansané, commerçante au marché de Madina, confie son désarroi : « Je vais devoir rentrer chez moi. Il est impossible de trouver une voiture. Quant aux taxis-motos, ils sont devenus hors de prix. »
La crise de carburant, qui a écéclatlundi 6 octobre, est liée à une grève des chauffeurs chargés d’acheminer le carburant vers les stations-services. Selon les dernières informations recueillies, cette grève aurait été suspendue, ce qui pourrait augurer un retour progressif à la normale dans les prochains jours.
Aboubacar Sidiki Camara














