Après une longue suspension due aux fortes pluies qui ont perturbé les activités à Conakry, le Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL) a repris ses assemblées générales hebdomadaires ce samedi 11 octobre 2025.
L’un des principaux sujets abordés lors de cette reprise a été l’absence du parti au sein des deux commissions mises en place dans le cadre de l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025. Interrogé à ce sujet, Moussa Moïse Diawara, porte-parole du parti, a répondu sans détour: « Vous savez, le parti MoDeL est créé depuis 2018 dans le seul objectif de briguer la magistrature suprême. Les actes qui ont été posés au fil des années jusqu’à maintenant visaient la participation aux différentes élections.
Aucun parti politique n’est créé pour rester en marge. On le dit très souvent, et nous sommes obligés de le répéter, parce que les questions sont toujours les mêmes. Mais, vous savez, c’est autour des conditions qu’on décide de la participation ou non à une élection. Il faut évaluer. Vous savez, le parti MoDeL est un parti de principes, un parti pacifique, un parti légaliste. Donc, à chaque fois qu’une question politique est posée, nous sommes tenus d’analyser les contours autour de cette question. »
Selon lui, l’ambition était de discuter de cette situation avec leur président actuellement incarcéré: « Nous, on aurait souhaité aujourd’hui avoir cette discussion concernant la lettre ou, comment dirais-je, l’invitation faite par l’administration du territoire à travers la DGE. On aurait souhaité aujourd’hui s’asseoir ici, au bureau, avec Aliou Bah et discuter autour de cette question, et prendre une position claire. Mais les conditions posées, les conditions créées par le pouvoir en place, nous obligent à nous abstenir et à nous concentrer sur la libération du président Aliou Bah. »
À la question de savoir si un autre cadre du parti pourrait prendre le relais, Moussa Moïse Diawara est catégorique: « Peut-être certains vont penser que, oui, pourquoi ne pas envisager d’autres options comme l’ont fait d’autres pays, et ainsi de suite. Mais vous savez, les pays n’ont pas la même réalité. Le peuple ailleurs n’est pas le peuple guinéen. Et vous savez, au sein d’un parti politique, faire un leader, ce n’est pas chose facile. Choisir un leader, ce n’est pas chose facile.
Ça demande assez de sacrifices, des années de sacrifices autour d’actions concrètes pour faire la promotion d’un leader politique.
Ça, on l’a fait. Et aujourd’hui, nous sommes fiers de notre leader. Ce n’est pas parce que tout est centré autour de lui, mais parce qu’il incarne tout ce à quoi nous aspirons aujourd’hui, et tout ce à quoi la majorité du peuple de Guinée aspire. Ça, c’est un travail qui a été fait par des militants, par des sympathisants, par des responsables. Donc, nous sommes à un tournant où c’est comme un candidat aux examens qui prend tout son temps pour réviser, maîtriser ses leçons, et à la dernière minute, on lui dit qu’il n’y participera pas. Est-ce qu’en ce moment, vous pouvez penser à trouver quelqu’un d’autre à sa place pour aller faire l’examen juste par formalité ? Ce n’est pas du tout normal. On ne peut pas le faire. »
Il poursuit: « Donc, on a pris le temps pour préparer Aliou. Et Aliou est un leader aujourd’hui complet pour briguer la magistrature suprême de la Guinée.
C’est-à-dire, il s’est construit lui-même et le parti a travaillé sérieusement pour qu’Aliou soit à la tête de ce parti.
Les autorités en face évaluent le pour et le contre autour de sa personne et trouvent qu’il est devenu un obstacle.
Il faut des manœuvres pour le mettre à l’écart, il faut l’isoler en l’emprisonnant.
Entre-temps, peut-être que si c’était le profit personnel qui nous intéressait, on pouvait envisager d’autres moyens dans le contexte actuel. Mais ce n’est pas le profit personnel qui nous intéresse dans cette situation. Ce qui nous intéresse, c’est le respect des principes démocratiques, le respect de l’État de droit, le combat pour la justice, le combat pour la liberté. »
Pour finir Moussa Moïse a déclaré: « Ce que nous voulons, ce que nous demandons parce que nous sommes directement affectés, c’est la libération du président Aliou Bah. Et après, on verra si le MoDeL va rester en marche ou pas.
Mais, on ne peut pas avoir un prisonnier injustement détenu à la Maison centrale, et nous obliger ou nous contraindre à envisager d’autres moyens. Le seul moyen que nous avons et que nous voulons, c’est la libération d’Aliou Bah. Et le seul candidat que nous avons, que nous voulons aussi, c’est le président Aliou Bah. Et nous assumons cette position. »
Amadou Diallo














