Les éliminatoires de la Coupe du monde 2026 viennent de s’achever sur le continent africain. L’Afrique connaît désormais ses neuf représentants, en attendant de départager les quatre barragistes (Gabon, RDC, Nigeria, Cameroun) qui viendront compléter la liste des qualifiés.
Et pendant que les autres célèbrent, la Guinée, elle, continue sa longue descente aux enfers. Le Syli National ne verra ni le pays des Aztèques, ni le Grand Canyon, encore moins celui de la feuille d’érable. Une élimination de plus, presque devenue banale.
Mais à vrai dire, rien de surprenant. Il suffit d’observer les pays qualifiés ou même les barragistes pour comprendre. Tous disposent d’infrastructures dignes de ce nom. Tous jouent chez eux, devant leur public. Pendant ce temps, la Guinée continue de vadrouiller sur le continent, sans le moindre stade homologué, comme une équipe sans maison.
Alors que les autres nations africaines s’empressent de rénover, de construire, de moderniser, nous, en Guinée, nous nous empressons… de trouver un pays d’accueil pour recevoir nos matchs dits « à domicile ».
Et pourtant, tout le monde le sait, en Afrique, pour garder toutes les chances se qualifier, il faut jouer à domicile.
C’est une règle non écrite mais implacable. La ferveur du public, la chaleur, la pelouse familière, la pression du stade autant d’éléments qui transforment les matchs.
Combien de points avons-nous laissés filer inutilement ?
Des nuls contre le Botswana, la Somalie, l’Algérie… une défaite contre le Mozambique. Des résultats concédés sur terrain neutre, des points qui, peut-être, auraient changé le destin du Syli si ces rencontres s’étaient jouées à Conakry. Trois nuls et une défaite lors de matchs joués dans des pays d’accueil, c’est potentiellement, voire assurément neuf (9) points que le Syli national aurait été condamné à prendre aux stades de Nongo ou du 28 septembre. Au pire des cas, la Guinée se serait classée deuxième de son groupe, avec au minimum 22 points, dépassant ainsi des barragistes comme le Cameroun (19 points), le Nigéria (17 points).
Pendant ce temps, le public guinéen, privé de son équipe depuis des années, s’éloigne peu à peu. Le rêve de voir un jour la Guinée disputer une Coupe du monde semble de plus en plus inaccessible. Et même une simple qualification à une CAN à 24 équipes devient un exploit. D’autant que la non qualification du Syli à la CAN 2025 prévue au Maroc, s’explique entre autres, par sa défaite face à la Tanzanie à l’aller à Yamoussoukro.
Pendant qu’on s’étonne du succès du « petit » Cap-Vert, nous continuons à jouer les exilés.
Même nos clubs ne jouent plus à domicile, et on s’étonne encore de leurs résultats continentaux.
Il faut un sursaut d’orgueil national. Il est intolérable que la Guinée ait fait de Bamako, d’Abidjan ou de Casablanca ses « maisons de repli ». Intolérable qu’un pays qu’on présente comme la deuxième économie d’Afrique de l’Ouest francophone soit incapable d’accueillir ses propres matchs.
Il faut se réveiller, bon sang de Dieu !
Un pays qui rêve d’organiser une CAN doit d’abord être capable de jouer chez lui.
Je ne cherche pas de coupable. C’est juste le cri du cœur d’un journaliste sportif, fatigué de voir son équipe nationale errer loin de ses bases. Fatigué de voir le petit Guinéen, amoureux du ballon, privé du spectacle, incapable d’admirer de près Sehrou Guirassy, l’un des meilleurs attaquants de la planète.
C’est le cas de le dire. Je ne le supporte plus.
Mohamed Béné Barry














