Le président du Bloc Libéral (BL) et candidat à la prochaine élection présidentielle, Dr Faya Millimono, a réagi avec fermeté à la marche organisée à Kankan par des agents de santé réclamant la candidature du président de la transition, Général Mamadi Doumbouya.
Interrogé ce vendredi par notre rédaction, le leader du BL a dénoncé ce qu’il qualifie de « dérive morale et institutionnelle » et de « démagogie dangereuse » qui, selon lui, gangrènent la société guinéenne.
« Notre pays est en train de battre des records dans un sens complètement négatif. La démagogie a gangréné ce pays aujourd’hui, avec la bénédiction des formes publiques », a déclaré Dr Millimono d’un ton ferme.
Le leader politique s’est dit profondément choqué par l’attitude de certains agents de santé ayant quitté leurs postes pour participer à cette manifestation. Il estime qu’un tel comportement constitue une faute professionnelle grave et une non-assistance à personne en danger.
« Un médecin a prêté le serment d’Hippocrate. Même si c’est son ennemi qui est malade, il doit le soigner. Quand quelqu’un abandonne ses patients pour aller manifester, il mérite la prison », a indiqué Dr Faya Millimono.
Le président du Bloc Libéral a dénoncé la confusion croissante entre les fonctions publiques et les actions politiques, regrettant que certains fonctionnaires oublient leurs devoirs vis-à-vis de la nation.
« Aujourd’hui, certains oublient qu’ils sont des fonctionnaires payés par le contribuable guinéen. C’est ce contribuable qu’ils abandonnent pour aller acclamer quelqu’un qui est arrivé au pouvoir par effraction », a-t-il fustigé.
Dr Millimono a également mis en garde contre le risque de contagion de ce type de comportement à d’autres corps de métier.
« Demain, ce seront peut-être les enseignants qui laisseront nos enfants dans les classes pour aller dans la rue. Et après-demain, n’importe qui se lèvera au nom de la démagogie », a averti le président du BL.
Pour lui, il est urgent que les autorités prennent leurs responsabilités afin d’éviter que de tels actes ne se répètent.
« Si de tels comportements continuent à prospérer, le pays court à sa perte », a conclu Dr Faya Millimono.
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