La tension remonte d’un cran à la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK). Après deux semaines de négociations infructueuses, les travailleurs ont décidé de suspendre toutes les activités sur les sites de Conakry (Simbaya Gare) et de Kindia. Les syndicats annoncent une reprise des manifestations dès lundi prochain.
Selon Mohamed Sylla, délégué syndical, la colère des travailleurs est née d’un protocole d’accord signé « en catimini » par une délégation syndicale, sans consultation préalable de la base: « La délégation mandatée pour défendre nos revendications notamment les 8.500.000 GNF et le départ du directeur russe a signé un document sans même demander notre avis. C’est une trahison », dénonce-t-il au téléphone, visiblement indigné.
D’après le syndicaliste, le protocole d’accord signé à Kaloum ne reflète pas les attentes des travailleurs: « Nous avons entamé les négociations depuis deux semaines, mais aucun compte rendu n’a été fait. Où est la transparence ? », s’interroge-t-il.
Le document controversé fixerait les salaires à un niveau bien inférieur aux revendications initiales: « Ils ont limité le plafond avec un petit écart pour les ouvriers qualifiés, alors que nous demandions 8.500.000 GNF, comme annoncé dans la convention collective des mines C’est inacceptable », affirme Mohamed Sylla: « Les travailleurs n’ont jamais approuvé cette grille. Ils vont l’afficher bientôt, et vous verrez par vous-même la différence. »
Aujourd’hui, toutes les sections de la CBK, conducteurs, mécaniciens, agents de voie, techniciens des wagons observent un arrêt total. Aucun train n’a circulé entre Kindia et Conakry, paralysant l’acheminement de la bauxite: « Il n’y a pas eu de convoi de bauxite. Nous passons la journée et la nuit sur le site ».
Les syndicalistes annoncent une grande mobilisation pour le lundi 3 novembre: « Aujourd’hui, c’est samedi. Nous restons en petits groupes pour nous organiser. Lundi, de Kindia à Conakry, nous allons exprimer notre désaccord dans la rue », prévient Mohamed Sylla.
En attendant, la CBK est à l’arrêt complet, accentuant la crise qui secoue déjà le secteur minier guinéen.
Amadou Diallo














