Lors de la plénière tenue ce vendredi 31 octobre 2025, le Conseil national de la transition (CNT) n’a pas abordé que la présentation du projet de loi de finances rectificative 2025 ou l’examen et l’adoption du projet de loi sur l’orientation de la recherche scientifique et de l’innovation en République de Guinée.
Les travaux ont été également consacrés à l’examen puis à l’adoption, à l’unanimité, de quatre projets de loi relatifs au secteur de la culture. Il s’agit de :
la loi sur l’organisation des métiers du cinéma ;
la loi sur la protection et la valorisation des instruments traditionnels de musique et de danse ;
la loi sur l’organisation des spectacles vivants ;
et enfin, la loi sur le statut de l’artiste et des professionnels de la culture en République de Guinée.
Après le vote unanime des conseillers présents, le ministre de la Culture et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, n’a pas caché son émotion: « Aujourd’hui, c’est un grand jour. Les jours de la semaine se succèdent, mais ils n’ont pas la même particularité. Le vendredi d’aujourd’hui est un vendredi sain pour la culture. C’est un vendredi béni, parce que depuis l’indépendance, nous venons d’assister aux premiers textes législatifs qui réglementent et structurent des secteurs porteurs d’emplois et créateurs de richesses, comme les secteurs dont on a parlé tantôt : le cinéma, la danse, nos instruments de musique, et également le statut que l’on reconnaît à l’artiste. »
Le ministre Moussa Moïse Sylla a qualifié ces textes de véritable socle pour le rayonnement culturel du pays. « Ces quatre textes sont l’âme du peuple de Guinée. Il y avait un vide juridique et réglementaire qui ne permettait pas au secteur de jouer pleinement son rôle. Aujourd’hui, grâce à l’abnégation et au courage des conseillers nationaux, grâce à l’accompagnement de l’ensemble des directions du ministère de la Culture et de l’Artisanat, tous ont fait un travail formidable. Nous avons assisté au vote, à l’unanimité, de ces quatre projets de loi. »
Dans sa communication, Moussa Moïse Sylla a poursuivi, visiblement ému : « C’est un jour assez spécifique pour nous. C’est un acte considérable qui vient d’être posé en faveur du peuple de Guinée. Et comme je le dis, c’est un acte de salut public. Désormais, l’artiste n’est pas un quidam que l’on croise dans la rue et que l’on toise. L’artiste est reconnu aux yeux de l’État. Désormais, le cinéma n’est plus un secteur non réglementé, qui n’apporte rien : il est structuré.
Désormais, le spectacle vivant n’est plus une sorte de foire d’empoignade où il suffit d’avoir un podium et de la sono pour organiser des concerts sauvages. C’est structuré, c’est réglementé.
Désormais, dans notre pays, nos instruments de musique ont un sens. Ils portent nos traditions, nos savoir-faire, ils constituent l’héritage de nos ancêtres. Ils sont protégés et valorisés grâce à ce qui vient de se passer aujourd’hui.
Je suis ému, je suis tout baba, les mots me manquent. Je tiens à remercier encore une fois toute mon équipe, c’est elle qui a vraiment travaillé. Je remercie aussi nos devanciers qui ont posé les premiers jalons de ce qui vient d’aboutir aujourd’hui. Grâce à l’effort de tout le monde, nous en sommes là aujourd’hui. Mes félicitations au monde de la culture de notre pays. »
Interrogé sur l’applicabilité de ces nouveaux textes, le ministre a tenu à rassurer: « En fait, ce qui fait la particularité de la gouvernance du général Mamadi Doumbouya et peut-être la singularité du Conseil national de la transition sous la majesté du Dr Dansa Kourouma, c’est que les projets de loi, lorsque vous les introduisez, doivent obligatoirement être accompagnés de leurs textes d’application. Donc, tous les textes qui sont passés ici ont leurs textes d’application également au CNT. C’est pour éviter justement que des lois soient votées et qu’elles finissent leur parcours dans les tiroirs. Ce n’est pas le cas sous la gouvernance du général Mamadi Doumbouya. Tous les textes d’application existent ici, ils seront revus et partiront ensemble.
Donc soyez rassurés, nous n’avons pas fait tous ces efforts pour enterrer ces excellents textes de loi dans les tiroirs. Ils vont être promulgués et ces lois seront appliquées. »
Amadou Diallo














