Le mouvement de protestation enclenché par les travailleurs de la Société des Eaux de Guinée (SEG) s’est déroulé dans la haute banlieue de Conakry. Ce vendredi, aux environs de 11h, les grévistes ont rendu public le contenu d’un mémo qu’ils entendent déposer à la présidence de la République.
C’est Fatoumata Camara, l’une des porte-paroles du mouvement, qui a livré à la presse les grandes lignes de ce document adressé au président de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, et à l’ensemble du gouvernement.
Dans ce mémo intitulé: « Demande d’intervention pour rétablir l’équité salariale et le dialogue social au sein de la SEG », les travailleurs expriment leur profonde préoccupation face à une situation qu’ils jugent « injuste et inéquitable » au sein de l’entreprise publique chargée de la distribution de l’eau en Guinée.
« Depuis mars 2025, le mandat du bureau syndical de la SEG est arrivé à expiration, mais la Direction Générale refuse d’organiser de nouvelles élections, en dépit des rappels répétés de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG) », déplore le mémo.
Selon les signataires, quatre correspondances officielles auraient été adressées à la Direction Générale, sans qu’aucune réponse ne soit donnée à ce jour. Cette situation, affirment-ils, bloque le processus démocratique interne et prive les travailleurs d’une représentation syndicale légitime.
Le document de trois pages évoque également des « inégalités criantes » en matière de rémunération. D’après les travailleurs, une revalorisation salariale exceptionnelle de 120 % aurait été accordée en mai 2022 au Directeur Général, à ses adjoints et à une vingtaine de hauts cadres de la SEG, soit environ 22 personnes.
Pendant ce temps, « plus de 680 travailleurs, des sous-directeurs aux agents d’exécution, n’ont bénéficié d’aucune augmentation », indique le texte.
Pour les grévistes, cette situation « alimente la frustration, la démotivation et un profond sentiment de marginalisation » parmi le personnel, alors que ce sont eux qui assurent la continuité du service public de l’eau, un secteur jugé vital pour le pays.
Ces travailleurs insistent sur le caractère pacifique de leur démarche: « Nous ne cherchons ni la confrontation ni la perturbation de l’accès à l’eau potable pour les citoyens », précise le mémo. « Notre objectif est de restaurer la justice, la dignité du travail et la cohésion sociale au sein de notre entreprise. »
Ils sollicitent ainsi l’intervention directe du chef de l’État afin :
1. D’ordonner l’organisation des élections syndicales dans le respect des textes légaux ;
2. De revoir la politique salariale pour une répartition équitable des avantages entre les employés ;
3. De favoriser un dialogue social constructif entre la Direction Générale, la CNTG et les représentants des travailleurs.
Le texte se conclut par un appel à l’arbitrage du président de la République, saluant « son leadership fondé sur la justice, l’équité et la refondation de l’État ». Les grévistes disent espérer que leur situation trouvera, grâce à son implication, « une issue durable et honorable pour tous les acteurs ».
En attendant une réponse officielle, le sit-in se poursuivait dans un climat de détermination mais aussi d’attente. Les employés affirment qu’ils resteront mobilisés jusqu’à ce que leurs revendications soient prises en compte.
Amadou Diallo














