Des parents des Guinéens ayant tenté de rejoindre l’Europe en passant par le port de Bonfi, puis par la Gambie avant d’atteindre la Mauritanie, ont organisé ce mardi 18 novembre 2025 une marche pacifique à Bonfi pour alerter les autorités. Leur objectif : obtenir l’implication du gouvernement dans le rapatriement de leurs proches actuellement retenus en Mauritanie.
Interrogé par notre rédaction, leur porte-parole, Issiaga Camara, a tenu à clarifier plusieurs informations qui circulent depuis l’interception de la pirogue par les autorités mauritaniennes, il y a quelques jours.
Selon lui, les rumeurs faisant état d’un chavirement de la pirogue sont infondées: « À Bonfi ici, il y a six cas de morts confirmés par leurs parents. Nous sommes rassurés que ces six cas-là sont avérés, car au téléphone les survivants et les malades ont cité des noms. On entend çà et là que leur pirogue a chaviré ; non, ce n’est pas vrai. Ils sont partis en surcharge jusqu’en Mauritanie, mais c’est lors de l’embarquement, parce qu’ils étaient nombreux, qu’il y a eu des blessés avant qu’ils ne soient transportés à l’hôpital. Ils sont décédés à l’hôpital. Ici, nous avons même des images de trois de leurs tombes », a-t-il précisé.
Le porte-parole assure également avoir vu des images de migrants hospitalisés en Mauritanie: « Ceux qui sont hospitalisés aussi, nous avons vu les images, il y a onze à l’hôpital, car ils ont souffert du manque de tout et de l’eau salée. Pour le moment, on ne peut pas dire le nombre exact de Guinéens là-bas. Parce que sur les trois cents et quelques recensés à l’arrivée du bateau de sauvetage, il y en avait cent autres qu’ils ont trouvés sur place. Ce sont les rescapés, par téléphone, qui nous ont raconté cela, car il existe une liste. »
Depuis le 13 novembre, les familles se mobilisent pour retrouver les leurs: « Nous avons recensé 47 familles qui recherchent un membre. Certains sont sortis d’ici sans informer leur famille. Donc les parents ne savent même pas si leur fils est parti ou non. Cela fait maintenant trois semaines, mais nous n’avons reçu les informations qu’à partir du 13 novembre. Aujourd’hui, 47 familles appellent le père de la Nation à nous aider, s’il vous plaît. S’il vous plaît », a-t-il conclu.
Amadou Diallo














