Dans un courrier officiel adressé à la direction de l’UFDG le 16 décembre 2025, le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a maintenu la suspension de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG).
Dans cette correspondance, le MATD reconnaît la coopération affichée par la formation politique dirigée par Cellou Dalein Diallo ainsi que les documents transmis. Cependant, le ministère souligne que des manquements jugés, « substantiels » aux textes légaux et réglementaires encadrant les partis politiques en République de Guinée persistent et n’ont pas été corrigés.
Interrogé par notre rédaction ce vendredi 19 décembre 2025, Dr Mamady Kaba, ancien président de l’Institution Nationale Indépendante des Droits Humains (INIDH), soutient cette démarche de l’État, contrairement à certains observateurs.
L’analyste politique estime qu’il est crucial que les partis politiques se mettent en règle: « Chaque État utilise des moyens pour rétablir la démocratie dans sa forme idéale, afin que celle-ci soit au service du bien-être des populations. Aujourd’hui, la Guinée est dans une période de transition, ce qui signifie que l’État se réorganise pour faire face aux défis de la démocratie. Certaines exigences seront appréciées, d’autres moins. Il est important que les partis politiques se mettent en règle, qu’ils se restructurent afin de devenir de véritables partis, comme c’est le cas dans tous les pays démocratiques. Généralement, chez nous, les partis meurent avec leurs leaders. Il y a donc des défis à relever pour qu’ils survivent ou continuent d’exister même en l’absence de leurs dirigeants. Ces leaders doivent créer les conditions de leur remplacement chaque fois que cela est nécessaire », a-t-il expliqué.
Poursuivant, le président de la Ligue pour les Droits et la Démocratie en Afrique (LIDDA) ajoute que ces mesures constituent une forme de pression destinée à amener les partis à se conformer aux normes de fonctionnement compatibles avec l’idéal démocratique: « Si la finalité est de permettre aux partis de se restructurer, de se réorganiser pour devenir de véritables partis politiques et non des entreprises individuelles ou familiales, alors c’est notre souhait. Il est nécessaire d’exercer des pressions pour que les partis se réorganisent et se restructurent afin de relever les défis de la démocratie », a-t-il martelé.
L’activiste des droits de l’homme a également appelé chaque Guinéen à œuvrer dans ce sens, afin que, dans l’avenir, le pays dispose de partis plus forts, dynamiques et transparents: « Cela pourrait renforcer la démocratie et l’État de droit », a lancé Mamady Kaba.
Marliatou Sall
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