Le gouvernement guinéen a officiellement réagi à la mort par balles du ressortissant guinéen de 34 ans Adama Condé, tué à Namur, en Belgique, à la suite d’une altercation avec 4 éléments des forces de police belges. Ce week-end, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, s’est exprimé pendant près de quatre minutes pour dénoncer cet acte et réaffirmer la position de la diplomatie guinéenne.
Dans une déclaration au ton ferme, le chef de la diplomatie guinéenne a rappelé la ligne directrice de la politique étrangère du pays, telle que définie par le président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya: « La priorité des priorités fixées en matière de politique diplomatique par Son Excellence Monsieur le Président de la République est sans équivoque : la protection, l’assistance et la prise en charge de l’ensemble des besoins des Guinéens établis à l’étranger », a déclaré le ministre.
Dr Morissanda Kouyaté a rappelé l’engagement constant de l’État guinéen en faveur de ses ressortissants vivant hors du territoire national, citant la déclaration du chef de l’État selon laquelle: « lorsqu’un Guinéen établi à l’étranger, a un problème, c’est toute la Nation qui a ce problème ».
Selon lui, cette orientation diplomatique a permis à de nombreux compatriotes de ressentir concrètement la présence et le soutien de l’État guinéen. Il a également souligné que, si la Guinée est attachée à la protection des ressortissants étrangers vivant sur son sol, elle demeure encore plus ferme dans la défense de ses propres citoyens à l’étranger.
Toutefois, le ministre a reconnu que cette dynamique positive a été gravement ébranlée par le décès tragique d’Adama Condé: « Ce tableau, jusque-là porteur d’espoir et de confiance, vient d’être douloureusement assombri par la mort tragique de notre compatriote Adama Condé, survenue à Namur, en Belgique, à la suite d’une altercation avec les forces de police belges », a-t-il regretté.
Dès l’annonce du décès, des instructions fermes ont été données depuis Conakry à l’ambassade de Guinée près le Royaume de Belgique afin d’établir un rapport circonstancié sur les faits. Ce document, selon le ministre, est corroboré par le communiqué officiel du parquet de Namur. Même si les conclusions définitives de l’enquête sont encore attendues, le chef de la diplomatie guinéenne a estimé qu’au regard des éléments actuellement disponibles, l’usage d’armes à feu par quatre agents de police pour maîtriser un seul individu ne saurait, en l’état, être considéré comme une nécessité absolue, a-t-il remis en cause: « La République de Guinée qui entretient avec le Royaume de Belgique des relations d’amitié et une coopération bilatérale reconnue, condamne avec fermeté et sans ambiguïté cette tragédie résultant d’un usage manifestement disproportionné de la force », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, le ministre Morissanda Kouyaté a indiqué que la Guinée exige des autorités belges l’ouverture de diligences appropriées afin de mener une enquête indépendante, crédible et transparente: « La Guinée exige que les auteurs de ces actes soient traduits devant les juridictions compétentes et sanctionnés à la hauteur de leurs responsabilités », a-t-il insisté.
S’adressant enfin au peuple de Guinée et à la famille de la victime, le ministre a transmis les condoléances du président de la transition et de l’ensemble du gouvernement: « Le chef de l’État et son gouvernement expriment leurs sincères condoléances au peuple de Guinée ainsi qu’à la famille durement éprouvée. Ils réaffirment leur engagement à faire toute la lumière sur cet assassinat et à assurer le rapatriement de la dépouille mortelle de notre compatriote dès la clôture de l’enquête en cours », a-t-il conclu.
Décryptage: Amadou Diallo
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