Malgré la suspension provisoire du mouvement de grève et la reprise du dialogue avec les autorités, le climat reste électrique dans le secteur de l’éducation. Réunis ce lundi 22 décembre 2025 à la Bourse du travail, les responsables de l’intersyndicale SNE–FSPE ont fait le point avec leurs militants et dressé un constat jugé alarmant sur l’état des négociations avec le gouvernement.
Devant une base attentive, les secrétaires généraux des deux organisations syndicales ont exprimé leur profonde déception. Selon eux, les discussions engagées avec l’exécutif n’ont abouti à aucune avancée concrète, malgré des promesses formulées lors des précédentes rencontres.

Pour Algassimou Barry, le sentiment de frustration est grand. Il estime que les engagements annoncés par la partie gouvernementale n’ont pas été suivis d’effets. Face à ce qu’il qualifie d’immobilisme, le responsable syndical prévient que la patience des enseignants a atteint ses limites. Il conditionne désormais la reprise des cours à des mesures tangibles en faveur du corps enseignant, rappelant la précarité persistante dans laquelle vivent de nombreux éducateurs.
Le ton est tout aussi ferme du côté du Syndicat National de l’Éducation. Son secrétaire général, Michel Pépé Balamou, accuse certains membres du gouvernement de ne pas refléter fidèlement la volonté du chef de l’État dans la gestion du dossier des enseignants. Selon lui, cette situation entretient un malaise profond et alimente la colère dans les établissements scolaires.

Estimant que la bonne foi n’est pas partagée, le SNE invite les enseignants à se préparer à un éventuel retour à la grève à partir du 5 janvier 2026. Des actions de sensibilisation auprès des élèves et des responsables scolaires sont déjà envisagées afin d’expliquer les raisons de ce possible arrêt des cours.
Tout en maintenant la pression, les syndicats disent rester ouverts au dialogue. Ils lancent un appel direct au président de la transition, qu’ils souhaitent rencontrer afin de lui exposer directement la réalité vécue par les enseignants et les blocages constatés dans les négociations.

À quelques semaines de la rentrée de janvier, l’avenir de l’année scolaire semble donc suspendu à l’issue de ce bras de fer, dans un contexte où élèves, parents et enseignants retiennent leur souffle.
Amadou Diallo














