Avec un taux de participation annoncé à 80,95 %, Abdoulaye Yéro Baldé, candidat du FRONDEG, est arrivé deuxième lors de la présidentielle, obtenant 6,59 % des suffrages. Une performance notable qui lui a permis de devancer plusieurs figures politiques établies, dont Dr Faya Lansana Millimouno et Abdoulaye Kourouma, tous deux à la tête de leurs formations politiques depuis de nombreuses années.
Invité sur le plateau de Télé24, précisément dans l’émission: Face à Télé 24, le président du Rassemblement pour le Renouveau Démocratique (RRD), Abdoulaye Kourouma, a livré une analyse sans détours pour expliquer ce score inattendu: « C’est ce qui traduit l’ethnostratégie dans notre pays. Je n’accuse personne, mais Yéro avait un allié qui a été recalé. Il avait même tenté de porter plainte contre la DGE. J’oublie souvent son nom. Je l’ai vu en campagne avec Yéro et je me suis amusé. Mais, quand j’ai vu la cellule de communication de Cellou derrière Yéro, là, j’ai compris », affirme-t-il.
Abdoulaye Kourouma soutient que la cellule de communication de l’UFDG, le parti de Cellou Dalein Diallo, aurait joué un rôle déterminant dans la visibilité du candidat du FRONDEG, notamment sur les réseaux sociaux: « Regardez sur les réseaux sociaux. Tout ce que je connaissais comme service de communication de Cellou était derrière Yéro. Pas sur le terrain, mais derrière les smartphones », insiste-t-il.
Il affirme avoir personnellement approché plusieurs cadres de l’UFDG afin de solliciter leur appui:
« J’ai invité plus d’une dizaine de hauts cadres de l’UFDG chez moi, dans mon salon. Je leur ai dit que je ne pouvais pas parler directement avec Cellou, mais que s’ils arrivaient à communiquer avec lui, peut-être qu’un mot d’ordre pouvait être donné, même sans déclaration officielle. »
Selon lui, des informations internes lui auraient ensuite confirmé l’existence d’un soutien tacite: « Deux ou trois personnes sont venues me dire qu’il y avait eu une communication interne pour soutenir Yéro. »
Face aux réserves exprimées par l’animateur Aboubacar Diallo, Abdoulaye Kourouma persiste: « Officiellement, ils n’ont pas voulu. Mais l’UFDG a une machine de communication très efficace. Il faut être un État moderne pour comprendre leur système.»
Il rappelle la capacité de mobilisation du parti: « L’UFDG pouvait fermer les marchés sans communiqué officiel. Tu pouvais voir Madina à l’arrêt sans aucune annonce. Il y a ce qu’on dit tout haut et ce qu’on dit tout bas. »
Pour lui, le mot d’ordre public de boycott n’excluait pas une autre réalité en coulisses: « Officiellement, on disait de ne pas participer, mais il y avait une communication souterraine. Tous ceux qui postaient les photos et images de Yéro faisaient partie de la cellule de communication de l’UFDG », affirme-t-il.
Jusqu’à la fin du sujet, Abdoulaye Kourouma est resté constant dans sa position: « Yéro a bénéficié de l’appui d’un calibre de la politique. Même si ce soutien n’a pas été assumé officiellement, des soldats ont estimé qu’on ne pouvait pas abandonner notre fils. Il a eu le soutien de la majorité des militants de Cellou. »
Amadou Diallo
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