Une publication pour le moins déroutante a ravivé les tensions autour de la situation politique vénézuélienne. Dimanche soir, Donald Trump a diffusé sur son réseau Truth Social un visuel le présentant comme « président par intérim du Venezuela depuis janvier 2026 », sans fournir la moindre explication officielle. Cette autoproclamation numérique intervient alors que Delcy Rodríguez exerce formellement le pouvoir à Caracas depuis le 5 janvier, conformément à la Constitution vénézuélienne et sur décision de la Cour suprême.
L’initiative du président américain, largement commentée à l’international, crée une zone de flou juridique et politique inédite, d’autant plus qu’elle contredit les déclarations antérieures de l’administration américaine affirmant ne pas vouloir assurer une gouvernance directe du pays.

Ce geste symbolique s’inscrit dans un contexte marqué par l’intervention militaire américaine du 2 au 3 janvier, qui a conduit à l’arrestation de Nicolás Maduro et à son transfert vers les États-Unis. Depuis, Washington justifie son implication par la nécessité d’assurer une « transition sûre », tandis que les enjeux énergétiques apparaissent centraux. Donald Trump a confirmé le contrôle américain sur des dizaines de millions de barils de pétrole vénézuélien et signé un décret plaçant les revenus pétroliers sous supervision du Trésor américain, au nom des intérêts stratégiques des États-Unis.
Paradoxalement, le président se dit disposé à rencontrer Delcy Rodríguez et évoque une coopération pragmatique avec Caracas, pendant que les autorités vénézuéliennes explorent un rétablissement des relations diplomatiques sans accepter de tutelle étrangère. Cette dualité entre provocation politique et ouverture diplomatique laisse planer l’incertitude sur l’évolution des rapports entre Washington et Caracas dans les semaines à venir.














