De retour à la barre de la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Dr Mohamed Diané a une nouvelle fois rejeté en bloc les accusations portées contre lui. L’ancien ministre de la Défense du régime Alpha Condé, condamné en première instance à cinq ans d’emprisonnement, s’est présenté ce jeudi 22 janvier 2026 pour défendre sa version des faits, dans un dossier qu’il estime, avant tout, politique.
Poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, Dr Diané continue de contester la légitimité de sa condamnation.
Face aux juges, il a soutenu n’avoir jamais été confronté à des preuves techniques établissant sa responsabilité directe dans la gestion des fonds mis en cause. Selon lui, aucun rapport d’inspection ou d’audit ne lui a été notifié depuis le début de la procédure.
Sur la question budgétaire, l’ancien ministre a rappelé la séparation des rôles au sein de l’administration militaire. Il affirme que la gestion opérationnelle des crédits relevait des intendants des forces armées, tandis que lui se limitait à un rôle d’ordonnateur, sans manipulation directe des fonds. Une ligne de défense constante depuis l’ouverture du procès.
Concernant les soupçons d’enrichissement personnel, Dr Mohamed Diané a également nié toute acquisition immobilière à Conakry. Il soutient que ses investissements privés sont exclusivement localisés à l’intérieur du pays, notamment à Kankan, sa région d’origine. Les biens visés par les poursuites, y compris une parcelle attribuée à son épouse, sont au cœur du contentieux porté en appel par l’Agent judiciaire de l’État, qui réclame leur confiscation.
Interrogé sur ses mouvements financiers, l’ancien ministre de la défense a expliqué que ses comptes bancaires, domiciliés à Ecobank et à la Société Générale, n’avaient servi qu’à recevoir ses rémunérations officielles : salaires et primes liés à ses fonctions gouvernementales. Il conteste toute utilisation de ces comptes à des fins frauduleuses.
Mais au-delà des aspects financiers, Dr Mohamed Diané a orienté sa défense sur un terrain plus politique. Il s’est présenté comme la cible d’une stratégie d’exclusion, estimant que sa mise en cause judiciaire vise à l’écarter durablement de la scène publique. Selon lui, son arrestation ne serait pas motivée par des infractions économiques, mais par la volonté de neutraliser ses ambitions politiques.
Pendant ce temps, les positions des parties restent tranchées. Si le parquet spécial se dit satisfait de la peine prononcée en première instance, il a néanmoins introduit un appel incident afin de consolider juridiquement la décision.
De leur côté, les avocats de la défense dénoncent ce qu’ils qualifient de graves irrégularités de procédure et réclament un procès équitable, allant jusqu’à demander la comparution de hauts responsables militaires de l’époque pour éclairer la Cour.
À l’issue des débats, la CRIEF a renvoyé l’affaire au 29 janvier 2026, date à laquelle sont attendues les réquisitions du ministère public et les plaidoiries finales. Un rendez-vous décisif pour l’ancien ministre, dont le sort judiciaire reste suspendu aux délibérations de la Cour.
Amadou Diallo














