Le passage de Moussa Moïse Sylla à la tête du ministère de la Culture et de l’Artisanat continue d’alimenter le débat au sein du monde culturel guinéen. Si plusieurs artistes et entrepreneurs culturels saluent les réformes engagées sous son magistère, d’autres estiment que certains projets structurants n’ont pas connu d’aboutissement, laissant place à des appréciations contrastées.
Pour une partie des acteurs culturels, l’arrivée de Moussa Moïse Sylla a marqué une période d’apaisement et de réformes attendues. Salim Souaré, opérateur de spectacles, souligne notamment l’amélioration de la gestion des droits d’auteur ainsi que la prise en charge sanitaire accordée aux artistes. Des mesures qui, selon lui, ont contribué à réduire les tensions au sein du secteur culturel.
« Aujourd’hui, il y a moins de bruit chez les artistes en ce qui concerne les droits reversés au Bureau guinéen des droits d’auteurs. Les artistes bénéficient également d’une prise en charge sanitaire. Tout cela est à mettre à l’actif de Moussa Moïse Sylla et de son cabinet », affirme-t-il.
Ces appréciations positives sont également renforcées par l’adoption, au Conseil national de la transition, de quatre lois jugées structurantes pour la culture. Il s’agit notamment des lois sur le statut des artistes, le cinéma, le spectacle et la percussion. Pour Mohamed Lamine Diallo, dit Mamadou Thug, entrepreneur culturel et conseiller au Conseil national de la transition, ces textes constituent une avancée majeure pour l’organisation et la reconnaissance du secteur culturel.
« Ces quatre lois sont une avancée pour la culture. Sur le financement du monde culturel, nous travaillons actuellement au Conseil national de la transition pour que les activités culturelles soient mieux accompagnées », explique-t-il.
Cependant, cet avis n’est pas partagé par tous. Certains acteurs culturels pointent du doigt des projets restés inachevés, notamment la construction du palais de la culture et du monument Nimba à Koloma. Ces chantiers, longtemps attendus, suscitent incompréhension et frustration chez certains artistes, qui estiment que des actions concrètes restent nécessaires pour améliorer réellement leurs conditions de travail.
Cette divergence de points de vue illustre la complexité du bilan laissé par Moussa Moïse Sylla au ministère de la Culture et de l’Artisanat. Entre réformes saluées et attentes non comblées, son passage continue de faire débat dans un secteur en quête de structuration et d’infrastructures adaptées.
Aboubacar Sidiki Camara














