L’éventualité d’un durcissement des conditions d’obtention des visas Schengen pour les ressortissants guinéens par l’Union européenne suscite une vive inquiétude, notamment au sein de la communauté estudiantine. De nombreux étudiants redoutent de voir leurs projets académiques et professionnels à l’international sérieusement compromis.
Interrogés ce jeudi par notre rédaction, plusieurs étudiants ont souligné que l’accès à l’espace Schengen constitue une opportunité majeure, que ce soit pour poursuivre des études supérieures, effectuer des stages ou bénéficier de programmes d’échanges universitaires. L’annonce de ces possibles restrictions est ainsi perçue comme un frein à la mobilité académique et à l’ouverture sur le monde.
« Étudier à l’étranger, c’est acquérir des compétences et les mettre ensuite au service du pays. Une fois de retour, nous pouvons contribuer au développement national, notamment dans les domaines de la recherche, de l’innovation et de l’industrie. Empêcher les étudiants d’accéder à ces opportunités, c’est freiner le progrès du pays et décourager toute une génération qui aspire à se former pour mieux servir la nation » confie Mamadou Mouctar Bah, étudiant en licence de génie physique à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry.
Dans d’autres institutions et universités de la capitale, le même climat d’incertitude règne. Les étudiants estiment que ces mesures risquent de pénaliser une jeunesse déjà confrontée à de nombreux défis. Selon eux, un durcissement des visas pourrait réduire l’accès à des formations de qualité et limiter les perspectives professionnelles à long terme.
Face à cette situation, certains appellent à une implication plus forte des autorités guinéennes. D’autres vont plus loin et évoquent l’éventualité d’une mesure de réciprocité si ces restrictions venaient à être officiellement appliquées.
« J’appelle les autorités guinéennes à appliquer les mêmes règles aux dirigeants de l’Union européenne. Eux aussi ont besoin de nous. S’ils durcissent leurs conditions d’obtention de visas, nous pouvons en faire autant », a déclaré Aboubacar Camara, étudiant en fin de cycle au département de médecine.
AOB














