Il y a quelques jours, les autorités ont procédé au déguerpissement des occupants des emprises publiques au niveau du marché Enco 5, en haute banlieue de Conakry. Cependant, malgré cette opération, plusieurs vendeurs déguerpis continuent d’occuper certains endroits, notamment en soirée. Progressivement, ils reviennent s’installer le long de la route.

Parmi eux figurent des vendeurs d’écouteurs, de chaussures, de livres, de balais, ainsi que de fruits et légumes. Ce samedi 31 janvier, notre reporter a recueilli les témoignages de quelques commerçants concernés. Fatou Soumah, vendeuse de robes, explique les raisons de son retour sur les abords de la route: « Ici, on gagne facilement la clientèle. Il y a beaucoup de mouvement. Quand on s’éloigne de la route, personne ne vient acheter nos marchandises. Si vous voyez que nous sommes nombreux ici, c’est pour cette raison », justifie-t-elle.

De son côté, Mamadou Toupé Sow, vendeur d’écouteurs et d’appareils Bluetooth, déambule le long de la chaussée à la recherche de clients: « Comme vous le constatez, madame, je n’ai plus de place fixe depuis quelques jours. Mais je ne peux pas rester à la maison alors que j’ai une famille à nourrir. C’est pourquoi, le soir, je viens essayer de gagner un peu d’argent », explique-t-il.
Il ajoute: « Tant que nous n’aurons pas de place, nous continuerons de revenir, que ce soit pour nous arrêter, nous asseoir ou défiler. Nous n’avons pas le choix. »

En attendant, de nombreux citoyens s’interrogent sur la pérennité des opérations de déguerpissement engagées par les autorités. Certains dénoncent ce qu’ils considèrent comme une application sélective des mesures, alors que des troupeaux de vaches sont régulièrement vendus en face de la station TMI de Lambanyi, à proximité de la nouvelle et imposante infrastructure de la mairie de Lambanyi.

Par ailleurs, on observe encore la présence de vendeurs de fagots de bois, ainsi que des ateliers de fabrication de fauteuils occupant l’espace public. Pendant que certains commerces ont été déguerpis, d’autres continuent d’écouler leurs produits sans être inquiétés. Une situation qui alimente le débat et soulève des interrogations sur l’équité et la continuité de ces opérations.
Marliatou Sall














