À Conakry, retirer de l’argent liquide via les services de monnaie électronique demeure un véritable parcours du combattant pour de nombreux citoyens. Dans plusieurs quartiers de la capitale, la pénurie de cash affecte le quotidien des populations, contraintes de multiplier les déplacements à la recherche de quelques billets.
Notre constat a débuté à Petit Symbaya, avant de se poursuivre à Lambanyi. Dans cette zone, il est quasiment impossible de retirer jusqu’à 2 000 000 de francs guinéens dans un seul kiosque. Les plafonds de retrait limités et l’insuffisance de liquidités rendent l’opération longue et incertaine.

Rencontrée sur place, Mariama Bah, visiblement inquiète, raconte sa mésaventure: « Ma sœur doit être opérée demain. J’ai reçu 5 000 000 de francs guinéens, mais depuis 10 heures je n’arrive pas à tout retirer. Regardez l’heure, il est déjà 11 h 06, et je n’ai obtenu que 2 000 000. Je vais continuer vers le carrefour Nongo », confie-t-elle, déterminée mais épuisée.
Poursuivant notre reportage, nous avons emprunté la corniche en direction du Centre commercial, où nous avons rencontré Mohamed Kourouma, tout juste sorti de son kiosque Orange Money. Ce dernier a été contraint de fermer son point de service jeudi aux environs de 13 heures, faute de liquidités : « Je ne peux plus faire le déplacement tous les jours depuis Yattayah pour revenir les mains vides. Mon plafond est limité à 2 millions de francs guinéens. Mon fournisseur applique cette restriction depuis le mois de janvier », déplore-t-il.

Cette crise n’épargne pas non plus les femmes commerçantes, notamment celles qui se rendent régulièrement au grand marché de Madina pour s’approvisionner. Mabinty Soumaha affirme avoir cessé d’utiliser son compte Orange Money depuis janvier dernier: « On peut retirer 100 000 ou 400 000 GNF, mais dès que tu demandes plus d’un million, il faut marcher de kiosque en kiosque. En plus, nos fournisseurs refusent souvent d’être payés via Orange Money. C’est vraiment un calvaire », explique-t-elle.

Face à cette situation persistante, de nombreux usagers appellent à une amélioration de la disponibilité de liquidités et à une révision des plafonds de retrait. En attendant, la crise continue de peser lourdement sur les activités économiques et les urgences sociales des habitants de la capitale guinéenne.
Amadou Diallo














