À peine installé dans ses fonctions, le Dr Morissanda Kouyaté a clairement exposé à l’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, la position de la Guinée sur la question de l’immigration irrégulière.
Le ministre des Affaires étrangères et des Guinéens établis à l’étranger a déploré la persistance du phénomène, tout en dénonçant les méthodes d’arrestation et d’expulsion. Il a déclaré que « Nous sommes conscients que c’est une perte pour notre nation, pour notre pays. C’est pourquoi nous allons travailler avec vous pour trouver des solutions pratiques, pragmatiques, avec les cadres. Mais à la limite de la dignité de nos concitoyens. La dignité. Mettons derrière nous ces images regrettables de gens menottés, jetés dans des charters, humiliés. Les identifications par téléphone cellulaire ne marcheront pas, soyons sûrs, soyons d’accord sur ça. On ne peut pas, il s’agit de la dignité et des droits des personnes. On ne peut pas, au détour d’un téléphone, dire, Vous le connaissez, mettez-le dans un charter. Non. »
Le Dr Morissanda Kouyaté a également répondu aux menaces de l’Union européenne annonçant d’éventuelles restrictions de visas à l’encontre des ressortissants guinéens. Il s’est exprimé en ces termes: « J’ai vu dans la presse que l’Union européenne menace la Guinée parce que, si la Guinée ne fait pas ceci, on ne donne pas les visas aux Guinéens et tout. Non. Les villageois, les 99 % des Guinéens, ne veulent pas aller en Europe. Ça, il faut le savoir. C’est une infime partie qui veut partir. Donc, ça ne nous effraie pas. Là, on va faire l’article 25. Les visas vont durer. Si les visas durent, nous aussi, les visas dureront chez vous. Et ça, ce serait malheureux qu’une institution aussi importante dans le monde soit en conflit avec notre pays. Ce n’est bon ni pour l’Union européenne, ni pour la Guinée. Évitons cela. Travaillons ensemble et rien ne sera restreint. »
Décryptage: Amadou Diallo














