La chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a tenu, ce lundi 9 février 2026, une nouvelle audience dans l’affaire Mamadi Camara, ancien ministre de l’Économie et des Finances sous le régime d’Alpha Condé, poursuivi pour corruption, détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux.
L’audience était consacrée à la présentation de la contre-expertise annoncée par le cabinet Grant Thornton. Toutefois, dès l’entame des débats, le parquet, par la voix du substitut du procureur Ousmane Sanoh, a informé la cour du désistement de ce cabinet pour défaut de paiement. Une lettre de désistement aurait été déposée au greffe, évoquant des difficultés liées à l’obtention des frais nécessaires à la réalisation de la contre-expertise.
Cette annonce a suscité un débat entre le ministère public et la défense. Les avocats de Mamadi Camara ont dénoncé le fait que leur client soit poursuivi sur la base d’un rapport provisoire de l’Inspection générale de l’État (IGE). Ils ont rappelé qu’à l’audience du 14 octobre 2023, la cour avait demandé la production d’un rapport définitif dans un délai de deux semaines, une décision qui n’a pas été exécutée.
La défense a également estimé qu’aucun cabinet n’accepterait désormais de réaliser une contre-expertise, en raison de l’inexistence de certaines pièces du dossier. Elle a ainsi demandé à la cour de passer outre la contre-expertise et d’ordonner la poursuite des débats, afin que l’ancien ministre puisse être fixé sur son sort.
De son côté, le parquet a sollicité que l’Inspection générale de l’État produise un rapport définitif en tenant compte des observations formulées par la défense, estimant que la différence entre un rapport provisoire et un rapport définitif est minime.
Après avoir entendu les différentes parties, la cour a décidé de passer outre la production de la contre-expertise et d’ordonner la continuation des débats. La prochaine audience est fixée au 18 février prochain.
Pour rappel, Mamadi Camara est poursuivi pour des faits présumés portant sur un montant estimé à plus de 80 milliards de francs guinéens, qui auraient disparu des caisses du ministère de l’Économie et des Finances entre 2011 et 2022, sous le régime de l’ancien président Alpha Condé.
Aboubacar Sidiki Camara
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