À l’approche du mois de Ramadan et du Carême, des vendeuses installées le long de la route du Niger, au marché Madina (secteur Avaria), ont de nouveau manifesté ce mercredi 11 février 2026 pour réclamer des espaces de vente sécurisés. Ces commerçantes disent avoir été victimes d’une opération de déguerpissement lancée il y a trois jours dans le cadre de l’assainissement et de la réhabilitation annoncée de la voirie. Une opération qui, selon elles, se poursuit encore.
Munies de pancartes et scandant des messages de détresse, elles affirment ne pas s’opposer aux décisions des autorités, mais dénoncent l’absence d’alternatives concrètes pour poursuivre leurs activités génératrices de revenus: « Nous demandons simplement un autre endroit pour travailler. Nous vivons de ce petit commerce depuis des années. Nous n’avons pas d’autre métier. Nos familles dépendent de cela », confie Fatoumata Binta Diallo, vendeuse de riz depuis treize ans dans la zone d’Avaria. Elle explique que des tables et des tentes ont été retirées lors des opérations nocturnes, laissant plusieurs femmes sans outils de travail.
Une autre commerçante rappelle qu’elle exerce à cet emplacement depuis l’époque du président Lansana Conté: « Nous ne sommes pas des délinquantes. Nous cherchons seulement à nourrir nos familles. Si l’État veut nous déplacer, qu’il nous indique un site approprié », plaide-t-elle.
Comme la veille, la mobilisation s’est déroulée sans incident. Aucun affrontement n’a été signalé entre les forces de l’ordre et les manifestantes. Ces vendeuses affirment être disposées à quitter définitivement les lieux si un espace adéquat leur est attribué. Elles sollicitent l’intervention du président de la République afin de trouver une solution rapide, d’autant plus que la période des grandes activités commerciales liées aux fêtes religieuses approche.
Il s’agit de la deuxième journée consécutive de manifestation dans le plus grand centre commercial de Conakry, où les opérations de déguerpissement des encombrants physiques suscitent de vives réactions parmi les acteurs du commerce informel.
Amadou Diallo














