L’audition des parties civiles s’est poursuivie ce lundi dans le procès des événements du 28 septembre 2009, survenus au Stade du 28 Septembre. Parmi les accusés figure l’officier supérieur de la gendarmerie, Bienvenu Lamah, ancien instructeur au centre de Kaliah.
À la barre, les victimes se sont relayées pour étayer leurs accusations. Mme Kamar Thiam, née en 1964 à Dinguiraye et comptable de profession, a livré un témoignage poignant sur les violences qu’elle affirme avoir subies ce jour-là. « Lorsqu’il y a eu des bousculades, je me suis retrouvée coincée sous des bras et je respirais difficilement. J’ai été sauvée par deux jeunes qui m’ont aidée à sortir du stade. Mais malheureusement, à l’extérieur, j’ai rencontré des hommes en civil munis d’armes blanches qui m’ont rouée de coups. J’ai eu la main fracturée, les habits déchirés et nous avons été refoulés de l’hôpital par des agents en uniforme, aux yeux rouges, qui proféraient des menaces de mort. Je suis sortie du stade aspergée de mon sang et de celui d’autres victimes. Je vis aujourd’hui avec ces séquelles qui me hanteront pour la vie », a déclaré à la barre cette mère de famille , visiblement émue.
Un autre témoignage marquant l’audience de ce lundi est celui d’Oumar Bah, qui a perdu son père lors des événements. Enfant au moment des faits, il a indiqué se constituer partie civile au nom de tous les enfants de son père. « Mon père a été froidement abattu et aujourd’hui nous souffrons de son absence. Ma maman ne parvient toujours pas à se remettre de cette perte. Nous sollicitons un dédommagement, même s’il ne fera pas revenir mon père, qui était simplement allé exprimer un droit », a affirmé à la barre ce jeune cambiste.
Au moment de la mise en ligne de cette dépêche, les parties civiles répondent aux questions des avocats de la défense,qui contestent notamment la légalité de leur constitution en partie civile.
AOB














