À la veille du mois de Ramadan et de Carême, la commune urbaine de Siguiri a été secouée le mardi dernier par une manifestation de colère. Des jeunes sont descendus dans les rues pour dénoncer l’utilisation des machines dans les zones d’orpaillage, accusées de dégrader l’environnement et les terres agricoles.
Les protestataires ont érigé des barricades, brûlé des pneus, endommagé des biens publics et perturbé temporairement la circulation ainsi que les activités économiques à Siguiri.
Trois jours après, cette situation continue de faire la une des journaux dans cette ville aurifère de Siguiri, en Haute-Guinée. Dans sa communication, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Siguiri, Dominique Loua, a déclaré: « Ce qu’on peut retenir, c’est que c’est un événement regrettable qu’on pouvait éviter dans la mesure où nous avons, dans un premier temps, lancé un appel à ces jeunes-là. Dans un deuxième temps, nous avons réitéré notre appel pour leur demander : lorsque vous constatez des exploitants clandestins, venez nous informer, c’est à nous d’envoyer vraiment des missions pour les interpeller et les conduire devant nous. Mais il ne leur appartient pas à eux-mêmes de se faire justice en sortant, en allant s’attaquer à des honnêtes citoyens. Vous-même, vous étiez là hier, la ville a été à moitié paralysée et il y a eu beaucoup de dégâts, des machines ont été incendiées et ça, ce n’est pas normal. On aurait pu éviter ça. »
Ensuite, il a dressé le bilan du nombre de personnes arrêtées à ce jour: « 15 personnes, plus 9 mineurs, ont été interpellées. Les enquêtes sont en cours et les interpellations continuent. Tous ceux qui sont associés à cet événement-là seront interpellés, conduits devant notre parquet, traduits devant la justice pour être jugés conformément à la loi et punis à la hauteur des forfaitures commises. »
Il a surtout précisé: « Pour l’heure, les personnes interpellées sont à la disposition de la compagnie de gendarmerie territoriale de Siguiri. »
Amadou Diallo














