Les tas d’ordures refont surface sur le terre-plein central qui sépare les deux voies de la Route Le Prince, du rond-point de Cosa jusqu’à Enco 5. Une situation préoccupante qui suscite l’indignation des riverains et des usagers, d’autant que cette pratique avait quasiment disparu ces derniers mois.
Face à cette résurgence, les habitants évoquent plusieurs explications. Beaucoup pointent du doigt l’enlèvement des bacs à ordures autrefois installés le long des artères principales. Selon eux, la présence de ces poubelles contribuait à limiter les dépôts sauvages.
« C’est un fait que nous avons constaté depuis un certain temps. On n’apprécie pas cela, mais ça allait très bien lorsqu’il y avait les poubelles le long des routes », témoigne Mohamed Camara. Même constat pour Aboubacar Mangué Soumah, citoyen du quartier Simbaya 1 : « Au moment où il y avait les poubelles, les citoyens ne mettaient pas les ordures sur la route. »
D’autres habitants mettent en cause l’irrégularité du ramassage par certaines petites et moyennes entreprises (PME) chargées de la collecte. Fatoumata N’Fa Fofana, mère de famille à Simbaya gare, affirme s’être toujours acquittée de son abonnement. « Chaque fois, il faut les appeler pour venir ramasser les ordures. Ils peuvent faire une à deux semaines sans venir. Les vers de terre sont partout et les ordures sentent. C’est difficile », déplore-t-elle.
Mayéni Soumah abonde dans le même sens. Selon elle, la société à laquelle elle est abonnée ne passe parfois qu’une seule fois par semaine. « Le reste des jours, on est obligé de déposer les ordures au bord de la route pour que les camions des éboueurs les ramassent. »

Des arguments catégoriquement rejetés par les autorités du quartier Simbaya 1. Le président du conseil de quartier, Ibrahima Sidibé, rappelle que les bacs installés le long de la route n’étaient pas destinés aux ménages. Les citoyens ont, selon lui, l’obligation de s’abonner aux PME agréées.
Il précise que trois PME opèrent dans le quartier et assure que celle en charge de la zone « travaille correctement ». En cas de manquement, il invite les habitants à saisir le conseil de quartier afin que les entreprises concernées soient convoquées. Il prévient également que les citoyens refusant de payer les frais de collecte s’exposent à des sanctions. « J’ai une liste des citoyens qui refusent de payer », insiste-t-il, évoquant la rigueur de la loi.
Au-delà des responsabilités partagées, cette situation ternit l’image de la capitale et relance le débat sur l’efficacité du dispositif de gestion des déchets. La brigade d’insalubrité récemment mise en place pour lutter contre ces comportements parviendra-t-elle à inverser la tendance ? Pour l’heure, la question reste posée.
Aboubacar Sidiki Camara













