L’Institut national de la statistique (INS), placé sous la tutelle du ministère du Plan et de la Coopération internationale, a procédé ce mercredi 25 février à Conakry à la publication des résultats préliminaires du quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4). La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah.
Dans son allocution, le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a souligné que cette étape dépasse la simple publication de données statistiques: « Cette cérémonie constitue un moment fondateur dans la construction d’un État moderne, un État qui décide sur la base des faits, qui planifie avec rigueur et agit avec efficacité au service de ses citoyens », a-t-il déclaré.
Selon lui, la gouvernance ne peut être efficace sans données fiables: « Gouverner sans données fiables, c’est avancer sans vision. En plaçant la statistique publique au cœur de la refondation de l’État, le Président de la République a affirmé une conviction forte : le développement durable commence par la connaissance précise de son peuple, de ses territoires et de ses dynamiques sociales et économiques. Le RGPH-4 s’inscrit ainsi dans cette vision d’un État stratège, performant et tourné vers l’avenir », a-t-il affirmé.
Réalisé conformément à la périodicité décennale recommandée par les Nations unies, le RGPH-4 s’inscrit dans la continuité des grandes opérations statistiques nationales menées notamment en 1983, 1996 et 2014. Toutefois, pour le ministre, cette édition marque « une véritable rupture qualitative ».
Pour la première fois, le pays a mobilisé de manière systématique les technologies numériques à toutes les étapes du processus, garantissant transparence, sécurité, rapidité et qualité des données produites. Des experts internationaux ont également accompagné l’opération, renforçant la crédibilité et la robustesse méthodologique du recensement.
Autre innovation majeure : la réalisation d’une enquête post-censitaire rigoureuse destinée à évaluer la couverture, la fiabilité et la qualité du dénombrement, conformément aux standards internationaux les plus exigeants.
Les résultats préliminaires présentés constituent, selon Ismaël Nabé, un point de départ essentiel pour améliorer la planification des infrastructures et l’orientation des politiques sociales: « Ces données permettront de mieux anticiper les besoins en éducation, en santé, en emploi et en aménagement du territoire. Surtout, elles garantiront que chaque décision publique repose désormais sur des faits établis et non sur des approximations. Une nation qui connaît sa population est une nation qui maîtrise son destin », a-t-il soutenu.
Le ministre a rappelé que la réussite de cette opération d’envergure nationale est le fruit d’une mobilisation collective exemplaire : organes de gouvernance du recensement, autorités administratives, religieuses et coutumières, plus de 22 000 agents recenseurs, dont de nombreuses femmes et jeunes, ainsi que l’ensemble des citoyens, qui ont contribué au succès de l’opération à travers villes, villages et localités.
Ismaël Nabé a salué la contribution de ses prédécesseurs à la tête du ministère du Plan, ainsi que l’appui des partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, la Banque africaine de developpement, l’UNFPA et l’UNICEF, pour leur accompagnement constant.
Il a également félicité l’INS pour la conduite rigoureuse du processus, mené « avec méthode, professionnalisme et un sens élevé de la responsabilité ».
Dans la dynamique du renforcement du système statistique national, le ministère entend poursuivre d’autres opérations structurantes, notamment le premier Recensement général des entreprises et l’actualisation de l’indice des prix à la consommation, afin de renforcer la surveillance économique, éclairer la décision publique et mieux protéger le pouvoir d’achat des populations: « Ces initiatives traduisent une transformation profonde : le passage d’une gouvernance fondée sur l’intuition à une gouvernance fondée sur l’évidence. Aujourd’hui, la Guinée ne se contente plus de regarder son avenir ; elle le planifie avec méthode et le construit avec rigueur », a martelé le ministre.
Il a conclu en soulignant que le RGPH-4 dote la nation d’un outil fondamental pour agir avec justesse et équité: « Compter sa population, ce n’est pas seulement produire des statistiques. C’est affirmer l’existence collective d’un peuple, reconnaître chaque citoyen et donner à l’État les moyens de mieux servir la nation », a-t-il conclu.
La cérémonie a également enregistré la présence de représentants des institutions républicaines, d’ambassadeurs, de partenaires techniques et financiers, de membres du gouvernement ainsi que du président du CNT.
Marliatou Sall














