À Lambanyi, la lutte contre l’insalubrité franchit un nouveau cap. La brigade de salubrité de la commune, appuyée par les treize autres brigades de Conakry, a mené ce vendredi 27 février 2026, une vaste mission de sensibilisation sur l’assainissement et la gestion des eaux usées. Les autorités annoncent déjà la couleur, à l’issue de la période de sensibilisation, des sanctions financières sévères seront appliquées aux contrevenants.
Du secteur Kitoya, dans le quartier Nongö, jusqu’à Morykantéaya, en passant par le carrefour Nongö Contéya, les agents ont sillonné les ménages avec l’appui du service hygiène de la commune de Lambayi.
Objectif, interpeller les citoyens sur les pratiques qui dégradent leur cadre de vie et mettent en danger la santé publique.

Selon Moussa Konaté, Directeur communal d’assainissement de Lambayi, cette mission vise à encourager des solutions durables en matière de gestion des eaux usées.
« Le but de cette mission de sensibilisation est de parler aux citoyens d’assainissement et des eaux usées. Sensibiliser les populations à avoir des fosses septiques, des puits perdus pour pouvoir conserver leurs eaux usées et, pour les ménages qui ne sont pas abonnés, faire passer un message afin qu’ils puissent s’abonner aux PME de pré-collecte reconnues par la commune », a-t-il indiqué.

Au cours de la tournée, les agents ont constaté de nombreux cas de déversement d’eaux usées et de vidange de fosses septiques directement sur la voie publique. Une situation jugée préoccupante par les autorités locales.
Dans le quartier Nongö, secteur Kitoya, certains habitants reconnaissent les faits et promettent des changements. C’est le cas de Salématou Soumah, citoyenne du quartier :

« Quand vous rentrez dans les couloirs chez nous ici, il y a beaucoup de citoyens qui font sortir des eaux usées. Les propriétaires des cours aussi font sortir. Nous sommes conscients de la situation et on va s’y mettre pour mettre fin à cet incivisme », a-t-elle déclaré.

Les autorités préviennent : la phase de sensibilisation prendra fin à la fin du mois de Ramadan. Passé ce délai, les mesures répressives entreront en vigueur.
Le lieutenant-colonel Aboubacar Sylla, chef de mission de la sensibilisation, précise les sanctions prévues :

« Si on prend un jeune ou un enfant en train de jeter les ordures, on va le conduire jusqu’en famille, là où il a pris ces ordures. On va convoquer le père ou la mère de famille. Une fois au commissariat, il va payer 5 millions de francs guinéens. Si c’est pour les eaux usées, après cette phase de sensibilisation, l’intéressé va payer 15 millions de francs guinéens. »
Les contrevenants seront ainsi interpellés et verbalisés conformément à la réglementation en vigueur.

Cette initiative intervient après des opérations similaires menées à Kaloum et Matam. Elle se poursuivra jusqu’à la fin du Ramadan, avec pour ambition affichée de faire de Conakry une ville plus propre, respectueuse des règles d’assainissement et soucieuse de la santé de ses habitants.
Les autorités espèrent qu’à travers cette démarche combinant pédagogie et fermeté, les comportements évolueront durablement pour mettre fin aux pratiques d’incivisme environnemental.
Aboubacar Sidiki Camara














