Le calme est revenu ce jeudi 12 mars 2026, à Guékédou, après des tensions survenues la veille autour de la délimitation de la frontière entre la Guinée et le Liberia. Mercredi 11 mars 2026, des échauffourées ont opposé des jeunes de Foya, côté libérien, à ceux de Kiéssènèye, en territoire guinéen, aux abords du fleuve Makona. Les autorités locales précisent par ailleurs ne pas être informées des supposées attaques contre des boutiques appartenant à des Guinéens au Liberia, des informations qui ont circulé sur les réseaux sociaux.
D’après les premières explications, la tension serait partie d’un incident lié au drapeau guinéen. Des jeunes de Foya auraient descendu l’emblème guinéen qui était planté à environ 800 mètres, sur l’autre rive du fleuve Makona, avant de hisser le drapeau libérien. Ce geste a suscité la colère des jeunes de la localité guinéenne de Kiéssènèye, provoquant des tensions de part et d’autre de la frontière.

Le secrétaire général de la préfecture de Guékédou, Tamba Dounia Kondiano, joint au téléphone ce mercredi 12 mars 2026, par notre rédaction affirme que les tirs entendus mardi relevaient d’une opération de maintien de l’ordre. Selon lui, des jeunes des deux localités se sont retrouvés au bord du fleuve Makona et tentaient chacun de traverser pour s’en prendre à l’autre camp. Les forces de défense et de sécurité des deux pays sont alors intervenues pour empêcher l’escalade. Du côté libérien, la situation aurait été particulièrement tendue, nécessitant l’envoi d’une mission de sécurité renforcée depuis Monrovia, qui a procédé à des tirs de sommation afin de disperser les manifestants.

Finalement, les forces de l’ordre libériennes ont réussi à disperser les manifestants à Foya. Selon plusieurs témoins, le trafic sur le fleuve Makona est actuellement à l’arrêt. Malgré ces perturbations, les autorités préfectorales assurent que la situation est désormais sous contrôle. « Jusqu’à présent, le calme règne. Il n’y a pas d’incident majeur. La situation est sous contrôle. On peut dire aujourd’hui que le calme est revenu », a déclaré le secrétaire général de la préfecture de Guékédou.
Selon les délimitations frontalières en vigueur, le territoire guinéen s’étend jusqu’à 800 mètres après le fleuve Makona, du côté libérien. Afin d’apaiser les tensions, une délégation libérienne est attendue prochainement à Conakry pour des discussions avec les autorités guinéennes autour de cette mésentente frontalière.
Aboubacar Sidiki Camara














