Ce lundi 16 mars, à Conakry, les chefs d’Etats de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone ont signé un pacte d’inviolabilité des frontières de leurs différents pays, mettant ainsi un terme à ce qui semblait être une crise en gestation. Sur invitation du Président Mamadi Doumbouya, les présidents Julius Maada Bio de la Sierra Leone et Joseph Boakai ont signé un memorandum d’entente visant à retablir la quiétude le long de la zone frontalière.
Sur le plateau de la télévision nationale dans la soirée de ce mardi 17 mars, le Directeur de l’information et des relations publiques des armées est revenu sur plusieurs points de cet accord, dont les origines du litige frontalier. Tout d’abord, Ansoumane Toumani Camara, a tenu à rassurer : « il n’y a aucune crise entre la Guinée et ses voisins. Il s’agit de simples incidents localisés entre des populations qui partagent des siècles d’histoire, de géographie et de culture. L’État guinéen est resté serein ; il ne s’agit donc pas d’une confrontation entre nations, mais de malentendus entre communautés frontalières ».
Rappellant les origines de ce conflit, le Directeur de la DIRPA a souligné deux cas: « Tout d’abord, il y a eu le cas de Koudaya, à Sandénia, dans la région de Faranah. Seize soldats léonais ont pénétré sur le territoire guinéen sans autorisation. L’incident a été rapidement maîtrisé : ces soldats ont été mis à la disposition des autorités militaires à Conakry, puis remis officiellement aux autorités de la Sierra Leone après négociations », a-t-il rappelé.
Il est ensuite revenu sur le cas de Tchiesseneye à Guéckedou, situé sur le bord de la rivière Makona. Labas, à la frontière avec le Libéria, des populations locales revendiquaient une portion du territoire guinéen. La situation a engendré des tensions sans toutefois dégénérer en affrontement armé. « Là aussi, il y a eu des situations qui ont dégénéré — non pas en affrontement, mais il y a eu des malentendus où des populations libériennes réclamaient une portion de cette zone comme étant le territoire libérien. C’est ce qui a prévalu dans ces différentes situations que nous avons vécues. Enfin, nous avons vu que l’État a pris toutes les mesures nécessaires. Des déploiements étaient déjà en place car, il faut le préciser, tout le long de nos frontières aujourd’hui, la sécurité est présente » a-t-il précisé.
Selon Ansoumane Toumani Camara, ces deux incidents ont été à l’origine de ce qui semblait être un conflit militaire, mais dont la resolultion est passé par le dialogue entre les présidents des trois pays, en présence de la Côte d’Ivoire, pays temoin, par ailleurs membre de l’union du fleuve Mano, un bassin partagé par les quatre nations.














