Les fidèles musulmans de Guinée s’apprêtent à célébrer la fête de Ramadan, ou l’Aïd el-Fitr. À quelques heures de cette célébration musulmane, nous avons fait un tour dans certains ateliers de couture afin d’observer le niveau d’affluence des clients, soucieux de se parer de nouveaux habits.

Le premier atelier visité se situe dans le quartier Simambossia. Maimouna Bah, couturière d’une quarantaine d’années, se frotte les mains. « Depuis le début du mois saint de Ramadan, mes apprenties et moi travaillons tous les jours sans relâche. Beaucoup de mes clients ont récupéré leurs complets, d’autres, par contre, ne cessent de m’appeler au téléphone. Mon téléphone sonne toutes les minutes. Je réponds à certains appels et laisse passer les autres. »
Elle ajoute qu’elle bénéficie tout de même de l’assistance de ses apprenties. « Nous sommes à 90 % des travaux. Pour combler le reste, nous comptons sur les quelques heures qui restent », a-t-elle souligné, tout en remerciant Dieu pour sa grâce. « Certes, on dit qu’il n’y a pas d’argent, mais Dieu merci, on tient le coup avec le nombre de clients que je reçois. Les prix de couture varient : le bazin simple coûte entre 300 000 et 350 000 FG, selon le modèle. La broderie est à 500 000 ou 560 000 FG. »

Les clients qui affluent dans cet atelier se plaignent en revanche de la cherté de la vie. « J’ai envoyé quatre complets à broder et cela me coûte très cher, jusqu’à 1 500 000 FG. Pourtant, nous avons d’autres charges : il faut se coiffer, préparer le repas du jour de fête et acheter d’autres articles pour les enfants. Mais malheureusement, cette année, je trouve que la vie est très chère. Il n’y a pas d’argent, même le peu disponible sur Orange Money ne sort pas, et les prix des denrées sont élevés. Bref, tout est cher en ce moment », se plaint Salematou Baldé.

Chez maître Alhassane Ckheick, un atelier situé à Cobaya, les clients sont rares. Ce couturier affirme que cette année, il peut travailler pendant des jours sans avoir au moins quatre clients: « Contrairement à l’année dernière, les clients viennent difficilement. Pourtant, la fête arrive jeudi ou vendredi. Je pense que cette situation est due à la conjoncture économique. D’autres fidèles musulmans préfèrent aussi le prêt-à-porter pour minimiser les charges financières, notamment les produits “made in China”. »
Marliatou Sall














