Pour réclamer des espaces de vente après leur déguerpissement le long des routes, des dizaines de marchandes de Madina, en colère, ont investi la rue ce mercredi 25 mars. Rassemblées sur la route secondaire menant au gouvernorat, elles ont érigé des barricades improvisées, scandant à tue-tête : « Nous voulons des places. Donnez-nous des places. Nous devons nourrir nos familles…. »

Toutes vêtues de foulards rouges noués autour de la tête, certaines à la taille, ces femmes ont affiché leur détermination face à une situation qu’elles jugent intenable.
Leur mobilisation traduit le désespoir grandissant de nombreuses commerçantes privées de leurs moyens de subsistance: « Nous sommes là aujourd’hui pour réclamer des places. Dites à la gouverneure et au président Mamadi Doumbouya que nous souffrons dans ce pays. Si nous n’avons nulle part où vendre, comment allons-nous nourrir nos familles ? Aujourd’hui, si tu n’as pas des milliards, tu n’auras jamais un endroit où vendre. Voilà pourquoi nous sommes là », a déclaré Mariame Bamba, l’une des manifestantes.

Mais la manifestation n’aura duré que peu de temps. Quelques minutes après cette prise de parole, des pick-up de la police ont fait irruption sur les lieux. Les forces de l’ordre, accompagnées de gaz lacrymogène, ont rapidement dispersé la foule. Peu avant 11 heures, le calme était revenu, laissant derrière lui une tension palpable et des revendications toujours sans réponse.
Amadou Diallo














