La Chambre d’instruction de la Cour d’appel de Paris a pris la décision majeure, ce mercredi 6 mai 2026, d’annuler le non-lieu accordé l’an dernier à Agathe Habyarimana. La veuve de l’ancien président rwandais, âgée de 83 ans, fait l’objet d’une enquête en France depuis 2008 pour « complicité de génocide » et « crimes contre l’humanité ».
Ce revirement judiciaire marque une étape cruciale pour les parties civiles qui contestent la décision de 2025 concluant à une absence de charges suffisantes.
L’ancienne première dame est accusée par les parties civiles d’avoir dirigé l’« Akazu », le cercle restreint du pouvoir hutu soupçonné d’avoir planifié et orchestré l’extermination des Tutsis. Les avocats de la Fédération internationale des droits humains (FIDH) soutiennent qu’elle aurait notamment participé à l’élaboration de listes de personnalités à exécuter.
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) s’est joint à ces contestations, estimant que des témoignages essentiels et des éléments historiques clés avaient été écartés lors de l’instruction précédente. En réaction, l’avocat de Mme Habyarimana a qualifié cette décision d’incompréhensible, affirmant que le dossier reste vide malgré le travail de dix juges d’instruction successifs.
Les parties civiles espèrent désormais une reprise effective des investigations, incluant de nouvelles auditions de la mise en cause et des actes d’enquête directement sur le terrain au Rwanda. Ce délibéré relance une procédure judiciaire longue de près de deux décennies.












