Maimouna Bah a traduit devant le Tribunal de première instance de Dixinn sa coépouse, Aissatou Kenda Bah, pour des faits présumés de faux et usage de faux dans le cadre de la gestion des biens d’Elhadj Sidiki Mara, promoteur immobilier et patron du groupe Sankara Holdings. La prévenue est accusée d’avoir utilisé un document de procuration présumé falsifié afin de prendre le contrôle du patrimoine immobilier de son époux, porté disparu depuis décembre 2025 et dont on est toujours sans nouvelles.
À l’audience correctionnelle de ce lundi, Aissatou Kenda Bah, âgée de 50 ans, a rejeté les accusations portées contre elle. Elle a soutenu que la procuration en sa possession est authentique et qu’elle lui a été délivrée par son mari à Paris avant sa disparition. Selon elle, Elhadj Sidiki Mara lui avait expressément confié la gestion de ses biens immobiliers. Elle affirme n’avoir fait qu’exécuter la volonté de son époux.
De son côté, l’avocat de la partie civile, Maître Amadou DS Bah, a contesté la validité de cette procuration. Il a demandé au tribunal de saisir l’Ordre des notaires de Paris afin de vérifier l’authenticité du document présenté par la prévenue.
Dans ses réquisitions, le ministère public a estimé que les débats avaient permis à Aissatou Kenda Bah d’apporter des éléments convaincants attestant de l’authenticité de la procuration. Le parquet a ainsi requis sa relaxe pour les faits de faux et usage de faux. La défense a abondé dans le même sens. Elle a demandé au tribunal de rejeter la constitution de partie civile de Maimouna Bah et de sa fille. Les avocats de la prévenue ont également sollicité la condamnation des deux plaignantes au paiement de 500 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts, en réparation du préjudice que leur cliente estime avoir subi.
À l’issue des débats, le juge Aboubacar Thiam a mis l’affaire en délibéré et renvoyé le prononcé de la décision au mercredi 22 juillet.
AOB














