Dans son édition 2025 du Container Port Performance Index (CPPI), élaborée conjointement par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, le Port autonome de Conakry occupe la 399e place sur 400 ports évalués à travers le monde.
Un classement que le ministre Ousmane Gaoual Diallo estime ne pas refléter la réalité actuelle des performances du port. Il appelle à une lecture plus lucide en ces termes : « Vous savez, les classements, c’est quelque chose qui marque nos esprits. Lorsque l’on est bien classé, on s’en réjouit. Maintenant, lorsqu’on est mal placé, bon, ça nous questionne, et ça nous amène aussi à changer nos méthodes et à évoluer. Et je pense que, oui, on est un peu pénalisés par ce « succès », entre guillemets, parce que la congestion, c’est aussi la conséquence d’un succès du pays, du succès économique du pays. S’il n’y avait pas de croissance importante, s’il n’y avait pas d’investissements massifs dans ce pays, on n’aurait jamais connu la congestion. Aujourd’hui, regardez la pression qu’il y a sur le ciment. Les cimentiers, avant, ils importaient un bateau de clinker, et ça leur servait pour un mois ou deux mois. Aujourd’hui, ils épuisent un bateau tous les 15 jours. Et vous avez 5 cimentiers dans ce pays qui envoient à la file leurs bateaux de clinker, qui arrivent tous les 10 jours. Chacun a un bateau ici, parce que la production du pays est très soutenue, et malgré tout, quand vous avez besoin d’une tonne de ciment aujourd’hui, il faut beaucoup de relations pour l’avoir. C’est une pression forte, alors qu’on a 6 cimenteries dans le pays. Donc, quand il y a le progrès économique, ça a des conséquences. Mais nous préférons avoir les conséquences de la croissance que les conséquences de l’absence de croissance et de la pauvreté. Et donc, c’est quelque chose. D’une certaine manière, le classement est mauvais, mais nous sommes quand même contents. C’est la croissance qui fait envie à tous les pays africains, et ça, c’est important. Nous avons, au port, connu plus de 47 % de croissance du trafic depuis 6 mois. Et donc, c’est quelque chose qui est extraordinaire. C’est comme quand vous avez un bébé qui, de 0 à 5 ans, fait 1,80 m. Forcément, les os sont fragiles. Et donc, nous subissons les conséquences indirectes de la grande prospérité de notre économie… », a-t-il justifié.
Décryptage: Amadou Diallo














