Mamadou Diouma Bah, jeune candidat poursuivi dans une affaire de fraude, est décédé dans la nuit vers 23 heures à l’hôpital régional de Kindia, après une détérioration brutale de son état de santé alors qu’il était incarcéré à la prison civile locale. Selon sa famille, il souffrait de drépanocytose sous forme SS, et son état s’est dégradé depuis son placement sous mandat de dépôt, selon le SNE.
Face à l’urgence, la famille aurait tenté d’obtenir sa mise en liberté provisoire ou une évacuation sanitaire, sans succès auprès du régisseur de la prison ni du procureur, le dossier étant perçu comme relevant d’une « affaire nationale », explique le syndicat. Ce n’est qu’après le constat d’impasse médicale du médecin de la prison qu’un élargissement a été accordé, permettant son transfert à l’hôpital. Des complications procédurales ont compliqué sa prise en charge, avec des injonctions de retour en détention malgré la gravité de son état.
Après une brève stabilisation, son état s’est aggravé vers 22 heures ; transporté en urgence, il est décédé une heure plus tard. Ce drame relance les interrogations sur les conditions de détention préventive et l’accès aux soins des détenus vulnérables. Le Syndicat National de l’Éducation (SNE), auteur de ce communiqué, appelle à une réflexion sur ces dysfonctionnements.
Ci-dessous l’intégralité de son communiqué :
DRAME À KINDIA : DÉCÈS EN DÉTENTION DU CANDIDAT MAMADOU DIOUMA BAH
Kindia — Le monde éducatif et les proches de la victime sont en deuil. Mamadou Diouma Bah, un jeune candidat poursuivi dans une affaire de fraude, est décédé dans la nuit, aux environs de 23 heures, à l’hôpital régional de Kindia, des suites d’une détérioration brutale de son état de santé alors qu’il était incarcéré à la prison civile locale.
Selon les informations recueillies auprès de la famille et des proches, le jeune homme souffrait de drépanocytose (forme SS). Depuis son arrestation et son placement sous mandat de dépôt à la prison civile de Kindia, sa condition physique n’a cessé de se dégrader.
Face à l’urgence de la situation, la famille s’est mobilisée pour obtenir sa mise en liberté provisoire ou une évacuation sanitaire, plaidant l’urgence médicale. Cependant, ni le régisseur de la prison ni le procureur près le tribunal de première instance de Kindia n’ont pu accéder favorableact à cette requête, le dossier étant consigné ou perçu comme relevant d’une « affaire nationale ».
Il a fallu que le médecin de la prison civile constate l’impasse médicale pour qu’une décision d’élargissement soit enfin actée, permettant au patient d’être conduit à l’hôpital régional de Kindia pour recevoir des soins appropriés, notamment une perfusion.
D’après les témoignages relayés par ses proches, des complications procédurales et logistiques ont un temps compliqué sa prise en charge, contraignant l’entourage à faire face à des injonctions de retour en milieu carcéral malgré la gravité du cas. Si une légère stabilisation a semblé s’opérer un moment, la situation a basculé en fin de soirée.
Vers 22 heures, l’état de santé de Mamadou Diouma Bah a connu une rechute critique. Transporté d’urgence en toute hâte à l’hôpital régional de Kindia, le jeune candidat a malheureusement succombé à ses maux une heure plus tard, à 23 heures.
Ce drame relance de vive voix les interrogations cruciales autour des conditions de détention préventive, de l’accès aux soins de santé pour les détenus vulnérables et de la gestion des urgences médicales en milieu carcéral en Guinée.














