Le procès d’Elhadj Nouhou Diallo, poursuivi pour des faits présumés de viol sur mineure ayant entraîné une grossesse, ainsi que pour incitation à l’avortement, s’est poursuivi ce jeudi 23 juillet 2026 devant le tribunal de première instance de Dixinn. Le fondateur d’un établissement scolaire, qui comparaît libre, est jugé aux côtés de Raphaël Fangamou, placé sous mandat de dépôt à la maison centrale, et de Néma Doré, actuellement en fuite.
À la barre, Elhadj Nouhou Diallo, âgé de 55 ans, marié et père de quinze enfants, a catégoriquement rejeté toutes les accusations portées contre lui. Il a soutenu ne jamais eu de relations avec la jeune fille et a affirmé être victime de fausses accusations.
L’accusé a toutefois reconnu avoir apporté un soutien financier à la famille de la victime. Selon lui, ce geste relevait uniquement d’un élan de solidarité. Il explique avoir été informé de l’état de santé préoccupant de la jeune fille alors qu’il effectuait la Oumra avec son épouse. Après avoir appris qu’elle avait laissé un message ressemblant à un adieu, il dit avoir transféré 200 000 francs guinéens à sa mère pour contribuer aux frais médicaux.
À son retour en Guinée, il affirme s’être rendu à l’hôpital Ignace Deen pour rendre visite à sa belle-mère hospitalisée. Profitant de cette visite, il est également passé voir la jeune fille en compagnie de son épouse et aurait remis une nouvelle somme de 200 000 francs guinéens à sa mère. Il assure que cette dernière lui a ensuite demandé une aide supplémentaire, mais qu’il n’était plus en mesure de répondre favorablement à cette sollicitation.
Deux semaines plus tard, poursuit-il, il a reçu une convocation de la police dans le cadre d’une enquête pour viol. Il affirme que les enquêteurs lui auraient demandé de verser 6 millions de francs guinéens afin de financer les soins médicaux de la victime. Après avoir consulté son avocat, il dit avoir accepté de payer cette somme dans un esprit humanitaire, sans savoir, selon ses déclarations, qu’il était alors question d’un avortement.
Toujours dans sa déposition, Elhadj Nouhou Diallo a expliqué avoir été confronté, avec des employés d’un motel, à une séance de prestation de serment devant des gendarmes. Il affirme que les responsables de l’établissement ont déclaré ne jamais l’avoir vu dans leurs locaux, tout comme lui assure n’y avoir jamais mis les pieds.
L’accusé a également avancé une autre version concernant l’état de santé de la victime. Selon les informations qu’il dit avoir recueillies, celle-ci aurait été brûlée aux pieds par de l’eau chaude versée par sa mère après que cette dernière eut découvert sa grossesse. Il estime que ces blessures, et non la grossesse, seraient à l’origine de son état de santé.
S’agissant de ses relations avec la victime, Elhadj Nouhou Diallo a reconnu que celle-ci était élève dans son établissement et camarade de classe de l’une de ses filles. Il précise que leurs contacts se limitaient au cadre scolaire. Il raconte notamment qu’un jour, après avoir partagé un repas préparé par son épouse, il avait demandé à sa fille de terminer le reste, laquelle avait invité son amie, la victime, à manger avec elle.
Il a enfin reconnu avoir transporté la jeune fille dans son véhicule à une seule reprise, en présence de ses propres enfants, avant de la déposer en même temps qu’eux. Il maintient n’avoir jamais commis de viol ni participé à un avortement, estimant que les accusations portées contre lui sont uniquement motivées par les difficultés financières de la famille de la victime.
Au cours de l’audience, les avocats de Raphaël Fangamou ont sollicité sa mise en liberté provisoire en cas de renvoi du dossier. Le procureur Fanka Oularé ne s’est pas opposé à cette demande, tout en exigeant le versement d’une caution de 300 millions de francs guinéens.
Après avoir entendu les différentes parties, le président du tribunal, Mohamed Sangaré, a rejeté la demande de mise en liberté provisoire et renvoyé l’affaire au 30 juillet 2026 pour la suite des débats.
AOB














