La crise qui secoue la Fédération syndicale autonome des banques, assurances et microfinances de Guinée (FESABAG) prend une nouvelle tournure. Dans un communiqué rendu public, la Secrétaire générale adjointe de l’organisation, Hadja Fatou Wann, s’élève contre ce qu’elle qualifie de « passage en force » intervenu le 24 juillet 2026 et appelle les responsables syndicaux ainsi que les travailleurs du secteur financier à préserver l’unité de la Fédération.
Dès l’entame de son message, la responsable syndicale donne le ton : « L’heure est grave », écrit-elle, estimant que la journée du 24 juillet « restera, à n’en point douter, comme une date marquante dans l’histoire de notre Fédération ».
Selon Hadja Fatou Wann, alors que des initiatives de médiation et de concertation étaient engagées pour favoriser un rapprochement entre les différentes parties, « une minorité de membres du Bureau exécutif a choisi de se réunir au siège de la FESABAG pour procéder à un simulacre d’élection visant à mettre en place une nouvelle direction syndicale ».
Elle considère que cette démarche, menée « sans consensus, sans consultation préalable de l’ensemble des Secrétaires généraux et en dehors de l’esprit de nos textes », constitue « une grave entorse aux principes démocratiques qui fondent notre Fédération ». Pour la Secrétaire générale adjointe, la FESABAG ne saurait être « un patrimoine privé ni un instrument au service d’ambitions individuelles ».
Elle rappelle qu’il s’agit d’un héritage construit par plusieurs générations de syndicalistes engagés dans la défense des intérêts des travailleurs des banques, des assurances et des institutions de microfinance en Guinée.n: « Nul ne peut prétendre parler au nom de toute une Fédération sans l’adhésion de sa base, ni engager son avenir par des décisions prises dans un cercle restreint », insiste-t-elle.
Hadja Fatou Wann regrette par ailleurs que les appels au dialogue formulés ces dernières semaines n’aient pas abouti. Selon elle, « des propositions ont été formulées afin de parvenir à une transition apaisée et respectueuse de l’intérêt supérieur de la FESABAG », mais « ces efforts ont été écartés au profit d’une logique de passage en force ». Face à cette situation, elle prend clairement ses distances avec les décisions prises lors de cette réunion. « Je refuse de cautionner une telle démarche. Je refuse d’être associée à des décisions prises en violation de nos principes. Je refuse que l’avenir de milliers de travailleurs soit décidé par une poignée d’individus », déclare-t-elle.
Dans son communiqué, elle annonce également se « désolidariser formellement des actes posés le 24 juillet 2026 ainsi que de toutes les décisions qui pourraient en découler », estimant que « toute tentative de prise de contrôle de la FESABAG en dehors d’un processus inclusif, transparent et conforme à nos textes est dépourvue de la légitimité morale et syndicale nécessaire pour engager notre Fédération ». Rendant hommage aux anciens dirigeants disparus, notamment Ibrahima Fofana, Louncény Camara et Abdoulaye Sow, Hadja Fatou Wann affirme que les responsables actuels ont « le devoir de protéger l’héritage qu’ils ont légué ». Elle se dit convaincue que seule « la voie du respect des textes, du dialogue sincère et de l’organisation d’un congrès inclusif, souverain et fédérateur » permettra de restaurer durablement la confiance au sein de la Fédération.
Enfin, la Secrétaire générale adjointe lance un appel à l’ensemble des Secrétaires généraux, aux délégations syndicales et aux travailleurs du secteur financier afin qu’ils restent mobilisés pour préserver l’unité de l’organisation. « Restons unis ; refusons toute confiscation de notre Fédération ; défendons nos textes et nos valeurs ; préservons l’héritage laissé par nos anciens ; mobilisons-nous pour une FESABAG forte, légitime et rassembleuse », exhorte-t-elle, avant de conclure : « La FESABAG ne survivra que si elle demeure fidèle à ses principes fondateurs. Car une vérité demeure et demeurera toujours : la FESABAG est plus grande que chacun d’entre nous. »
Décryptage: Amadou Diallo














