En conférence de presse ce lundi 27 juillet 2026, le porte-parole du gouvernement, par ailleurs ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a réagi à la recrudescence des violences sexuelles commises sur des mineurs en Guinée. Visiblement ému par une récente affaire de viol à Kankan, largement relayée sur les réseaux sociaux, il a dénoncé un phénomène qu’il qualifie de « dramatique » et a appelé à une prise de conscience collective afin de lutter contre ce fléau.
Dans son intervention, le ministre a affirmé avoir supprimé son compte Facebook. Il a également indiqué avoir saisi les autorités compétentes afin que cette affaire soit prise en charge. « Ce problème que nous avons, pour certains d’entre eux… Moi-même, comme cela arrive souvent, ça m’a amené à quitter mon compte Facebook, parce que tu reçois des images. J’ai aussi demandé à mes enfants de faire autant. Celui qui m’a partagé la vidéo, je l’ai amené chez le procureur général. J’ai partagé la vidéo avec les autorités judiciaires. En retour, j’ai vu le procureur de Kankan, qui m’a dit qu’il y a déjà une instruction en cours sur cette affaire. C’est dramatique. Moi, j’ai vu les images. Je ne crois même pas que ces enfants réalisent ce qu’ils sont en train de faire : un crime qui risque de les conduire en prison pour le reste de leur vie. Notre pays a perdu sa conscience », a-t-il déploré.
Le porte-parole du gouvernement a, par ailleurs, salué le déplacement de la ministre de la Promotion féminine auprès de la victime. Pour lui, il est nécessaire d’engager une réflexion collective face à ces actes. Il a également interpellé les familles, l’État et l’ensemble de la société sur leurs responsabilités. « Quelle est la responsabilité des parents dans tout cela ? Quelle est la responsabilité de la société ? Quelle est la responsabilité de l’État ? », s’est-il interrogé, avant de souligner la gravité de la situation.
« C’est quand même extrêmement grave. Il faut considérer cela comme l’un des pires crimes que l’on puisse faire subir à un être humain. Cela n’efface pas seulement une conscience, cela imprime une image abjecte dans l’esprit de la victime, une image qui ne s’effacera jamais. »
Plus loin, il a salué le courage de la victime tout en appelant à sa protection. « La jeune fille se bat avec beaucoup de dignité. C’est elle qui a besoin de protection, c’est elle qui a besoin de grandir. C’est elle qui doit lever la tête. »
Il a également appelé les médias, les internautes et l’ensemble de la population à faire preuve de responsabilité en cessant de partager les images des victimes. « En partageant ces images, au lieu d’aider la victime, on l’expose, on l’humilie et on contribue à la détruire », a-t-il exhorté, tout en encourageant les autorités judiciaires à poursuivre les investigations et à renforcer les actions de sensibilisation afin de prévenir ces violences.
Marliatou Sall














