Le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, a procédé à un important remaniement ministériel à travers un décret lu à la télévision nationale dans la soirée du 27 juillet 2026. Un acte largement commenté par les internautes, dont certains soutiennent mordicus que c’est sous la pression des réseaux sociaux que le président a agi ainsi.
Une information balayée d’un revers de la main par le ministre porte-parole du gouvernement, reconduit à son poste, Ousmane Gaoual Diallo: « Le président de la République ne gouverne pas en fonction de la rue. Il a de très bons paramètres d’évaluation, et c’est sur ces paramètres-là, dont il a le secret et l’autorité, qu’il s’appuie pour prendre ce type de décisions. Ce n’est pas la rue qui gouverne de ce point de vue-là. Je pense qu’au niveau de la responsabilité qui est la sienne, il ne regarde pas forcément ces paramètres pour agir, sinon il y aurait un changement tous les jours. »
Le ministre Alpha Bacar Barry reste membre du gouvernement, mais change de portefeuille. Il quitte le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle pour prendre les rênes du ministère de l’Élevage. Selon le ministre Ousmane Gaoual Diallo, cette nomination s’explique par ses compétences et sa capacité d’adaptation: « Ce que beaucoup ignorent, c’est que c’est d’abord un éleveur. C’est l’un des tout premiers à avoir mis en œuvre la modernisation de l’élevage. Il possède son cheptel dans une préfecture non loin de Conakry. Je pense que beaucoup d’entre vous voient et suivent ses activités dans ce domaine. C’est aussi un cadre polyvalent, qui a plusieurs flèches à son arc et qui peut s’adapter à tous les terrains. Il a montré cette capacité d’adaptation, qui peut être un atout dans tous ces secteurs. C’est pour cela qu’il faut voir les choses ainsi : on ne fait pas passer un ministre d’un portefeuille à un autre s’il n’a pas les capacités et les compétences multidisciplinaires lui permettant de s’adapter à tel ou tel contexte. C’est ainsi qu’il faut interpréter ces changements. Et puis, après tout, c’est aussi la connaissance fine que le président de la République a de chacun d’entre nous qui lui permet de procéder à ces réajustements. »
Dans l’opinion, d’autres estiment toutefois que ce changement est lié aux derniers événements ayant conduit à la mort du jeune Mamadou Diouma Bah, décédé alors qu’il purgeait une peine d’un mois pour fraude aux examens. Pour eux, il s’agirait d’une manière de sanctionner le désormais ministre de l’Élevage.
Un argument balayé par le ministre Ousmane Gaoual Diallo : « Vous savez, l’opinion de la rue n’est pas l’opinion du président de la République. Les gens parlent de cela parce qu’il s’agit d’Alpha Bacar. Mais que dit-on de Mme Diaka ? Que dit-on des autres qui ont changé de poste ? Ce n’est pas cela, la réalité. La réalité n’a rien à voir avec ces interprétations. Et puis, de toute façon, les mouvements au sein de l’administration publique, à ce niveau, ne perturbent pas le fonctionnement de l’État. D’une certaine manière, il y a une stabilité dans le fonctionnement de l’État. Elle ne repose pas uniquement sur le maintien d’un ministre, mais aussi sur toute l’administration qui l’entoure et qui reste stable. C’est cela qui est fondamental. Il ne faut donc pas avoir cette lecture-là. Ce serait très biaisé de créer un lien entre ces deux événements. Je le répète : ce n’est pas lié. Il n’y a aucun lien entre ce que l’opinion imagine et la décision du président de la République, parce que cette décision a certainement été prise depuis longtemps, peut-être même avant que tous ces événements ne surviennent. On ne peut pas croire qu’elle ait été prise le lendemain de ces événements. Ce n’est pas ainsi que l’on gouverne », a-t-il largement défendu ce mardi 28 juillet 2026 dans l’émission Guinée Today.
Décryptage: Amadou Diallo














