Le Tribunal de première instance de Dixinn a rendu sa décision ce vendredi 31 juillet 2026 dans l’affaire de l’enlèvement d’un nouveau-né au Centre médical communal (CMC) de Ratoma, un dossier qui avait profondément marqué l’opinion publique.
Au terme du procès, Haby Diallo, considérée comme l’auteure principale des faits, a été reconnue coupable d’enlèvement, ainsi que de faux et usage de faux en écriture publique. Elle a été condamnée à cinq ans de prison ferme.
Ses coaccusées, Djénab Diallo et Kadiatou Bangoura, ont été reconnues coupables de faux et usage de faux en écriture publique. Elles ont chacune écopé d’une peine d’un an de prison avec sursis, assortie d’une amende de deux millions de francs guinéens.
En revanche, Fatoumata Condé a été relaxée, le tribunal estimant que les preuves présentées au cours de la procédure ne permettaient pas de retenir sa responsabilité pénale.
Les quatre femmes étaient placées sous mandat de dépôt à la Maison centrale de Conakry depuis le 22 octobre 2025.
Sur le plan civil, la juridiction a déclaré nuls la déclaration de naissance établie le 1er octobre 2025 ainsi que l’extrait d’acte de naissance n°56-27 du 8 octobre 2025 concernant l’enfant enregistré sous l’identité de Boh Hassan Kaba. Le tribunal a ordonné leur radiation des registres de la clinique Le Flamboyant ainsi que, si nécessaire, de ceux de l’état civil de Ratoma.
La décision impose également à toute administration saisie par Makalé Soumah, mère biologique du nourrisson, de prendre les dispositions nécessaires pour régulariser la situation administrative de l’enfant.
En outre, Haby Diallo, Djénab Diallo et Kadiatou Bangoura ont été condamnées solidairement à verser 100 millions de francs guinéens à la partie civile au titre des dommages et intérêts en réparation du préjudice subi.
Pour rappel, les faits remontent à octobre 2025. D’après les conclusions de l’enquête et les débats à l’audience, Haby Diallo s’était introduite dans la salle d’accouchement du CMC de Ratoma où Makalé Soumah venait de subir une césarienne. Se faisant passer pour une agente de santé, elle aurait profité de l’état de faiblesse de la mère pour emporter le nouveau-né avant de quitter discrètement les lieux.
La disparition du bébé avait provoqué une onde de choc à Conakry et déclenché une vaste mobilisation des forces de sécurité. Les investigations menées avaient finalement conduit à l’interpellation des principales suspectes et à leur traduction devant la justice.
AOB














