Une affaire pour le moins inhabituelle secoue le district de Domby-Taran Baly, dans la préfecture de Labé. Quelques jours après le cambriolage du domicile de l’imam Thierno Youssouf Bah, une partie des objets volés a été restituée de manière anonyme, accompagnée d’une lettre rédigée en français.
Selon les explications de l’autorité religieuse, les faits se sont produits dans la nuit du lundi au mardi. Après avoir endommagé le plafond de la concession, les malfaiteurs se sont introduits dans la maison avant d’emporter plusieurs biens de valeur.
Le butin comprenait notamment 1 650 dollars, un téléviseur à écran plat, 26 complets non cousus appartenant à sa première épouse, plusieurs bazins et d’autres vêtements. Les voleurs ont également emporté des valises contenant des habits achetés par l’imam lors de son séjour à La Mecque, dont certains étaient destinés à des proches résidant à Conakry et à Dakar. Dans les appartements de sa deuxième épouse, 15 autres complets non cousus ainsi que divers vêtements ont également disparu.

Malgré l’importance du préjudice, l’imam affirme n’avoir déposé aucune plainte, préférant s’en remettre à Dieu: « En tant qu’homme de foi, je n’ai pas voulu saisir la justice. J’ai choisi de confier cette affaire à Dieu », a-t-il déclaré.
Contre toute attente, l’un des auteurs présumés est revenu quelques jours plus tard pour restituer une partie des biens dérobés. Deux valises contenant les 26 complets, ainsi qu’une somme de 9 millions de francs guinéens, ont été déposées avec une lettre dans laquelle le présumé voleur explique avoir décidé de rendre sa part après le partage du butin. D’après cette lettre, le reste des objets est toujours détenu par deux autres complices, dont une femme.

À ce jour, plusieurs biens restent introuvables, notamment le téléviseur à écran plat, plus d’une vingtaine de complets appartenant à ses épouses, plusieurs vêtements personnels, un sac de riz local de 100 kg, deux bidons d’huile ainsi que le reliquat de l’argent, estimé à plus de 7 millions de francs guinéens.
Toujours fidèle à sa position, l’imam réaffirme qu’il ne portera pas plainte. En revanche, il lance un dernier appel aux auteurs du cambriolage: « Je leur accorde un délai de trois jours pour restituer le reste de mes biens. Passé ce délai, ils en assumeront les conséquences. Trop, c’est trop », a-t-il averti.
Amadou Diallo














