Le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Boubacar Yacine Diallo, a annoncé ce mercredi une mesure stricte visant à assainir le paysage médiatique guinéen. À partir du 1er juillet prochain, seuls les journalistes détenteurs de la carte professionnelle seront autorisés à couvrir les manifestations publiques et accéder aux autorités militaires ou sécuritaires.
Cette décision, selon Aboubacar Yacine Diallo, s’inscrit dans une volonté de mettre fin à la prolifération de personnes se réclamant journalistes sans en avoir ni le statut ni la compétence: « C’est une manière de protéger la profession, de garantir sa crédibilité, et de lutter contre les dérives », a-t-il affirmé.
Le président de la HAC a lancé un appel direct aux responsables des médias : « Ne faites pas de vos journalistes des mendiants. Nombre d’entre eux, bien que talentueux, exercent dans une précarité extrême, faute de salaires décents. Cela les rend vulnérables à la corruption. »
Il a également appelé à une mise en œuvre urgente de la convention collective, censée garantir des conditions de travail et de rémunération dignes pour les professionnels de la presse.
Dans un ton ferme, Boubacar Yacine Diallo a aussi critiqué certains « pseudo-journalistes » et « chroniqueurs autoproclamés » qui, selon lui, dénaturent le métier: « Je suis parmi les pionniers de l’investigation en Guinée. Ce que certains prétendent faire aujourd’hui n’a rien à voir avec le journalisme. Ceux-là n’auront pas droit à la carte de presse », a-t-il tranché.
La carte professionnelle de journaliste, précise-t-il, est délivrée gratuitement par la HAC. « Elle est accessible à tous ceux qui répondent aux critères légaux. Ceux qui ne sont pas journalistes, selon la définition de la loi, n’y auront pas droit. »
Concernant les médias fermés, le président de la HAC a expliqué le silence de l’institution : « Plusieurs de ces dossiers sont pendants devant la Cour Suprême. En attendant une décision de justice, la HAC ne peut se prononcer. »
Morlaye Demba














