La Guinée marque un pas décisif dans la lutte pour la préservation de ses écosystèmes côtiers. Réuni en session plénière, le Conseil National de la Transition (CNT) a examiné et ratifié le rapport d’établissement du Centre International de la Mangrove, présenté par la Commission des Affaires Économiques et du Développement Durable, avec l’avis de la Commission des Affaires Étrangères.
Signé le 6 novembre 2024 en République Populaire de Chine, l’accord vise à ériger le centre international de la Mangrove en organisation iinternationale à but non lucratif, dont le siège est situé à Shenzhen.
La Guinée, pays côtier riche en biodiversité, a adopté cet accord, devenant ainsi un acteur majeur dans cette initiative globale en faveur de la mangrove.
Le rapport présenté par la rapporteure, l’honorable Saran Traoré, sous la présidence du Dr Alpha Abdoulaye Diallo, a mis en lumière la gravité de la situation. Selon les données du Ministère guinéen de l’Environnement, le pays est passé de 250 000 hectares de mangroves dans les années 90 à seulement 182 000 hectares aujourd’hui. Une perte alarmante, exacerbée par la déforestation, l’urbanisation, la pollution, et les pratiques agricoles non durables.
La mangrove guinéenne joue pourtant un rôle fondamental : barrière naturelle contre l’érosion côtière, réservoir de biodiversité, zone de reproduction halieutique, et puits de carbone. La dégradation de ces forêts menace directement la pêche artisanale, pilier de l’alimentation de nombreuses communautés locales.
Dans le cadre des travaux de la commission, plusieurs institutions nationales ont été consultées, notamment les ministères de l’Environnement, des Affaires Étrangères, de la Pêche, ainsi que des centres de recherche et ONG comme Guinée Écologie. Tous ont souligné l’urgence d’une action coordonnée pour inverser la tendance actuelle.
Le CNT recommande, entre autres, la mise en place d’une Task force nationale, l’interdiction de l’usage du bois de mangrove dans la construction, et l’intégration de modules d’éducation environnementale dans les programmes scolaires. Une évaluation stratégique du paysage de la mangrove et une étude de sa valeur économique figurent également parmi les propositions phares.
Un vote favorable attendu pour une coopération internationale renforcée.
En rejoignant le Centre International de la Mangrove, la Guinée espère accéder à un réseau mondial d’expertise, de financements, et de projets concrets en faveur de la conservation des zones humides. Le CNT, convaincu de l’intérêt écologique, économique et social de cette adhésion, appelle les conseillers nationaux à voter en faveur de la ratification de l’accord.
Ce geste fort s’inscrit dans la continuité des engagements internationaux de la Guinée pour la protection de l’environnement et la lutte contre les effets du changement climatique. Il s’agit aussi d’un signal d’espoir pour les générations futures, porteuses d’un avenir plus durable et respectueux des écosystèmes côtiers.
Mohamed Béné Barry














